
Fusée dorée jaillissant hors de l’eau bleue, robe électrique mêlant l’or, le vert et le turquoise : le mahi mahi compte parmi les poissons pélagiques les plus spectaculaires des mers chaudes. Connu aussi sous les noms de dorade coryphène, de daurade coryphène ou simplement de coryphène (Coryphaena hippurus), ce prédateur de haute mer fascine autant le naturaliste par sa croissance foudroyante que le pêcheur sportif, qui y trouve un adversaire rapide, combatif et acrobatique.
Dans cette fiche, nous passons en revue tout ce qu’il faut savoir sur ce poisson : sa morphologie, son habitat, son régime alimentaire, son cycle de reproduction, la réglementation qui encadre sa pêche de loisir, et bien sûr nos techniques et nos leurres favoris pour le traquer à la traîne comme aux leurres de surface. De quoi mieux comprendre l’espèce avant de partir à sa rencontre.
Notre article en résumé
- Le mahi mahi (Coryphaena hippurus), ou dorade coryphène, est un pélagique hauturier des mers chaudes, reconnaissable à ses couleurs vives et au front bombé des mâles.
- Il atteint couramment 1 m pour 7 à 13 kg, les grands mâles dépassant 1,5 m et 20 kg dans des conditions exceptionnelles.
- Prédateur véloce des eaux de surface, il chasse poissons volants, calmars et petits pélagiques, souvent à proximité des objets flottants.
- En France, on le rencontre surtout en Méditerranée occidentale de la fin de l’été à l’automne, ainsi qu’en outre-mer.
- Sa pêche relève de la réglementation maritime de loisir : renseignez-vous sur les règles de déclaration et les quotas en vigueur avant de pêcher.
Morphologie et identification du mahi-mahi
Le mahi-mahi affiche un corps comprimé latéralement, très haut à l’avant puis effilé vers la queue, taillé pour la nage rapide en surface. Sa livrée est sa signature : des flancs dorés piquetés de bleu, un dos vert-bleu iridescent et un ventre argenté à jaune. Ces couleurs, éclatantes lorsque le poisson est vif, pâlissent vite après la capture. Une longue nageoire dorsale unique court du dessus de la tête jusqu’à la caudale profondément fourchue.
Un dimorphisme sexuel marqué
Le trait le plus commode pour distinguer les sexes reste le profil du front. Le mâle adulte, appelé « taureau » (bull) par les pêcheurs anglophones, développe une tête au front bombé, presque vertical, très caractéristique. La femelle, elle, conserve un front arrondi et régulier. Les mâles atteignent généralement une taille et un poids supérieurs à ceux des femelles, ce qui explique que les plus gros spécimens capturés soient presque toujours des taureaux.
Gabarit et croissance record
Le mahi-mahi est l’un des poissons à la croissance la plus rapide de l’océan. Un adulte mesure couramment autour d’un mètre pour 7 à 13 kg ; les grands mâles peuvent dépasser 1,5 m et 20 kg. En contrepartie de cette croissance fulgurante, sa longévité est courte. Voici les repères biométriques de l’espèce :
| Caractéristique | Repère |
|---|---|
| Taille moyenne | 90 cm à 1 m |
| Taille maximale | plus de 1,80 m |
| Poids moyen | 7 à 13 kg |
| Poids maximal | plus de 30 kg |
| Longévité | 4 à 5 ans (rarement 6-7) |
| Maturité sexuelle | 4 à 5 mois |

Où vit le mahi-mahi ?
La dorade coryphène est une espèce strictement pélagique et hauturière, inféodée aux eaux chaudes de surface. On la rencontre dans la quasi-totalité des mers tropicales et subtropicales du globe, là où la température se situe généralement entre 25 et 30 °C. C’est un poisson des couches supérieures de la colonne d’eau, que l’on croise rarement en profondeur : il vit dans les tout premiers mètres, souvent en pleine eau au large des côtes.
Son comportement le plus exploité par les pêcheurs est son attirance pour les objets flottants : plaques de sargasses, épaves, radeaux, bouées et troncs dérivants. Ces structures créent de véritables oasis de vie qui attirent le fourrage, et derrière lui les coryphènes. En France métropolitaine, l’espèce se rencontre surtout en Méditerranée occidentale, le long des côtes du sud et de la Corse, de la fin de l’été à l’automne. On la trouve bien plus régulièrement dans les eaux chaudes de l’outre-mer, des Antilles à la Réunion et à la Polynésie.

Que mange le mahi-mahi ?
Le mahi-mahi est un prédateur diurne, vorace et opportuniste, dont l’appétit soutient la croissance fulgurante. Chasseur de surface extrêmement rapide, il traque à vue tout ce qui bouge dans les premiers mètres d’eau. Son régime repose principalement sur les proies suivantes :
- Poissons : poissons volants, maquereaux, sardines, balaous et petits pélagiques rassemblés sous les objets flottants.
- Céphalopodes : calmars et petites seiches, capturés près de la surface.
- Crustacés : crabes et crevettes pélagiques associés aux radeaux de sargasses.
Sa technique de chasse est spectaculaire : évoluant souvent en petits bancs, le mahi-mahi fond sur le fourrage à grande vitesse, provoquant des poissons volants qui jaillissent hors de l’eau pour lui échapper. Cette activité de surface permet souvent de repérer les coryphènes de loin, trahis par les remous, les oiseaux marins ou les fuites de proies. Ce comportement grégaire explique pourquoi une prise en attire souvent d’autres.
Cycle de vie et reproduction du mahi-mahi
La reproduction du mahi-mahi est à l’image de sa biologie : rapide et prolifique. Dans les eaux chaudes tropicales, la ponte peut se dérouler toute l’année, avec un pic durant les mois d’été. Les femelles sont extraordinairement fécondes et peuvent libérer jusqu’à près d’un million d’œufs par ponte, plusieurs fois par saison. La maturité sexuelle est atteinte en quelques mois seulement, ce qui fait de l’espèce une population capable de se renouveler très vite.
| Paramètre | Donnée |
|---|---|
| Période de ponte | toute l’année, pic en été |
| Température de l’eau | 25 à 30 °C |
| Nombre d’œufs | jusqu’à environ 1 million par ponte |
| Support de ponte | pleine eau, pontes pélagiques |
| Maturité | 4 à 5 mois |
Réglementation de la pêche du mahi-mahi
Poisson exclusivement marin, le mahi-mahi ne relève pas de la carte de pêche en eau douce : sa pêche de loisir s’inscrit dans le cadre de la réglementation maritime. Celle-ci diffère nettement des règles applicables aux carnassiers d’eau douce, et elle a récemment évolué pour cette espèce en Méditerranée.
Déclaration et quotas en Méditerranée
La dorade coryphène figure parmi les espèces sensibles désormais soumises, dans le cadre du règlement européen, à un enregistrement annuel du pêcheur de loisir et à une déclaration des captures. En Méditerranée, la pêche récréative de la coryphène commune est par ailleurs encadrée par une fenêtre d’ouverture et un plafond de prises par personne et par jour. Ces dispositions étant susceptibles d’évoluer, nous vous invitons à toujours vérifier les règles en vigueur auprès de la direction interrégionale de la mer avant de pêcher. En outre-mer, ce sont les réglementations locales qui s’appliquent.
Comment pêcher le mahi-mahi ?
La pêche du mahi-mahi est un pur bonheur de prospection au large. La règle d’or : localiser la vie avant de lancer. On cherche les objets flottants, les lignes d’écume, les oiseaux qui plongent et les fuites de poissons volants, autant d’indices d’une présence de coryphènes. Voici les trois grandes approches que nous privilégions selon la situation :
| Technique | Leurres et appâts de prédilection | Situation idéale |
|---|---|---|
| Pêche à la traîne | leurres à jupe (skirts), poissons nageurs plongeants, teasers | prospection large, recherche active |
| Leurres de surface au lancer | poppers, stickbaits (Xorus Patchinko), Tackle House Feed Popper | poissons repérés en chasse ou sous un objet flottant |
| Appât et jig | vif, lambeau de calmar, jig métallique | poissons localisés mais méfiants |
Côté matériel, une canne spinning de mer puissante (30-80 g ou plus), un moulinet à forte contenance chargé d’une tresse solide et un bas de ligne en fluorocarbone résistant à l’abrasion constituent une base fiable. Le mahi-mahi est un combattant explosif, réputé pour ses sauts hors de l’eau : anticipez les têtes de ligne. Astuce classique : laissez un premier poisson piqué près du bateau, car le banc reste souvent à ses côtés, offrant l’occasion de multiplier les prises au lancer.

Pour voir ces techniques en action, voici une vidéo consacrée à la pêche du mahi-mahi au leurre de surface en mer :
Notre sélection de leurres à mahi-mahi
Le mahi-mahi n’est pas difficile lorsqu’il est en chasse, mais quelques familles de leurres se détachent nettement. Pour approfondir chaque approche, retrouvez nos guides dédiés à la pêche en mer et aux leurres de surface, transposables à la coryphène :
- Les leurres de traîne et poppers pour pélagiques : nos leurres à thon
- Pour les attaques explosives en surface : tout savoir sur les leurres de surface
- Stickbaits et poppers de mer : leurres de surface bar et Xorus Asturie 110
- Nos indispensables mer : 10 leurres pour la pêche en mer
- Bien s’équiper : quelle canne choisir
Records et anecdotes autour du mahi-mahi
Le record du monde homologué par l’IGFA (toutes catégories confondues) revient à un mahi-mahi de 87 livres, soit environ 39,5 kg, capturé par Manuel Salazar le 25 septembre 1976 dans le golfe de Papagayo, au Costa Rica. C’est l’un des records marins les plus anciens encore en vigueur, jamais battu malgré des décennies d’efforts. Des prises supérieures ont parfois été évoquées, mais faute d’homologation officielle, elles restent des anecdotes. Autre curiosité qui trahit sa vitalité : ce poisson est capable de prendre plusieurs kilos en une seule année.
Rôle écologique et préservation du mahi-mahi
Prédateur de surface abondant, le mahi-mahi occupe une place clé dans les réseaux trophiques pélagiques : il régule les populations de poissons volants, de calmars et de petits pélagiques, tout en constituant lui-même une proie pour les grands prédateurs comme les marlins, les thons et les requins. Sa croissance rapide et sa forte fécondité rendent l’espèce relativement résiliente face à la pression de pêche, ce qui explique qu’elle soit aujourd’hui considérée comme globalement en bon état à l’échelle mondiale.
Cette robustesse ne dispense pas d’une pratique responsable. En tant que pêcheurs, nous avons un rôle à jouer : respecter les quotas et les périodes autorisées, déclarer nos captures lorsque la réglementation l’exige, ne prélever que le nécessaire et manipuler avec soin les poissons destinés à être relâchés. C’est à ce prix que cette flèche dorée continuera d’illuminer nos sorties en mer.
FAQ à propos du mahi-mahi
Mahi-mahi et dorade coryphène, est-ce le même poisson ?
Oui. Mahi-mahi, dorade coryphène, daurade coryphène et coryphène désignent la même espèce, Coryphaena hippurus. « Mahi-mahi » est le nom d’origine hawaïenne popularisé à l’international, tandis que « dorade coryphène » est le nom courant en France. On l’appelle aussi « dorado » en Amérique latine et « dolphinfish » dans les pays anglophones.
Quelle taille peut atteindre le mahi-mahi ?
Un mahi-mahi adulte mesure couramment autour d’un mètre pour 7 à 13 kg. Les grands mâles, reconnaissables à leur front bombé, peuvent dépasser 1,5 m et 20 kg, et le record homologué approche 40 kg pour environ 1,80 m.
Où et quand pêcher le mahi-mahi en France ?
En métropole, on le rencontre surtout en Méditerranée occidentale, le long des côtes du sud et de la Corse, de la fin de l’été à l’automne, avec un pic en fin de saison. Il est bien plus régulier dans les eaux chaudes de l’outre-mer, comme les Antilles, la Réunion ou la Polynésie.
Quels leurres utiliser pour le mahi-mahi ?
Les leurres à jupe et poissons nageurs de traîne sont efficaces pour prospecter, tandis que les poppers et stickbaits de surface déclenchent des attaques spectaculaires sur les poissons repérés en chasse. Un vif ou un lambeau de calmar convainc les individus plus méfiants.
Faut-il un permis pour pêcher le mahi-mahi ?
Le mahi-mahi étant un poisson de mer, il ne relève pas de la carte de pêche en eau douce mais de la réglementation maritime de loisir. En Méditerranée, la coryphène est soumise à des règles spécifiques d’enregistrement, de déclaration et de quotas. Vérifiez toujours les textes en vigueur avant de pêcher.
Comment reconnaître un mâle d’une femelle mahi-mahi ?
Le mâle adulte présente un front haut et bombé, presque vertical, qui lui vaut le surnom de « taureau ». La femelle conserve un front arrondi et régulier. Les mâles sont aussi généralement plus grands et plus lourds que les femelles.




