Niché à plus de 900 mètres d’altitude au cœur du massif des Vosges, sur la commune de La Bresse, le lac de lispach est un joyau naturel entouré de tourbières flottantes et de forêts d’épicéas. Ce petit plan d’eau de montagne, sauvage et préservé, offre un cadre de pêche aux leurres absolument unique en France, où chaque lancer se fait dans un décor de carte postale.
Dans cet article, nous vous emmenons à la découverte de cette destination vosgienne sous l’angle qui nous passionne : la traque des carnassiers aux leurres. Histoire du lac, espèces présentes, techniques adaptées, postes à prospecter, accès, météo et hébergements : voici notre guide complet pour préparer votre prochaine session sur le lac du lispach.
D’origine glaciaire, le lac de lispach s’est formé il y a environ 10 000 ans, à la fonte des glaciers qui recouvraient le massif vosgien. Son niveau a ensuite été légèrement rehaussé par une petite digue, construite autrefois pour alimenter les scieries de la vallée de La Bresse. Perché à 905 mètres d’altitude, ce plan d’eau s’étend sur environ 10 hectares pour une profondeur modeste, rarement supérieure à 3 mètres. Sa particularité la plus remarquable ? Une tourbière flottante classée, qui borde une grande partie de ses rives et abrite une flore protégée comme la droséra, plante carnivore emblématique des lieux. Pour nous, pêcheurs aux leurres, cette configuration est une bénédiction : eau acide légèrement teintée, herbiers, bordures de tourbe en surplomb et zones peu profondes qui se réchauffent vite au printemps constituent autant de postes naturels pour les carnassiers. Attention toutefois : la fragilité du site impose de respecter scrupuleusement les zones protégées et de pêcher uniquement depuis les secteurs autorisés.
Côté peuplement piscicole, ce lac de montagne offre un profil typique des eaux acides vosgiennes. La perche y est reine : présente en bancs parfois denses, elle constitue la cible principale des pêcheurs aux leurres sur place. Le pike est également de la partie, avec des sujets souvent compacts mais combatifs, parfaitement adaptés aux eaux fraîches et aux herbiers du plan d’eau. On y croise aussi de la truite, des vairons, des gardons et quelques tanches sur les fonds vaseux. Le sandre, le black-bass et le silure sont en revanche absents de ces eaux froides d’altitude : ici, on pêche un milieu sauvage, pas un réservoir surdensitaire, et c’est précisément ce qui fait son charme.
Pour la perche, nous privilégions les approches finesse : petits leurres souples de 5 à 7 cm montés en tête plombée légère, ou pêche en drop shot le long des bordures de tourbière, redoutable quand les zébrées boudent les animations rapides. Un petit shad comme le One Up Shad de Sawamura en taille 3 fait des merveilles ici. Pour le brochet, les leurres souples de 10 à 15 cm en linéaire lent, les spinnerbaits passés au ras des herbiers et le chatterbait en eau teintée sont nos valeurs sûres. Au printemps, prospectez les zones peu profondes qui se réchauffent vite ; en été, insistez tôt le matin sur les bordures ombragées ; à l’automne, les crankbaits peu plongeants déclenchent de belles attaques réflexes avant la fermeture. La truite, elle, répondra bien aux petits poissons nageurs et aux micro-cuillères en début de saison.
La nature environnante est aussi une alliée pour lire le plan d’eau. Hérons cendrés et grèbes vous indiqueront les zones de concentration du poisson fourrage : observez-les avant de choisir votre poste. Côté végétation, les nénuphars et les avancées de tourbière flottante créent des caches ombragées idéales pour le brochet posté, tandis que les bordures de sphaignes en surplomb abritent souvent des perches embusquées à quelques centimètres de la rive. Un lancer précis le long de ces structures vaut mieux que dix lancers au hasard en plein lac.
Le lac de lispach se rejoint très facilement en voiture depuis La Bresse, en empruntant la D34D en direction du col de la Schlucht sur environ 4 kilomètres. Un parking gratuit est aménagé en bordure directe du plan d’eau, à proximité de la station de ski de fond de Lispach : impossible de faire plus pratique pour décharger son matériel. Depuis Gérardmer, comptez une vingtaine de minutes de route à travers un paysage magnifique. La navigation à moteur est interdite et la mise à l’eau d’embarcations est très restreinte en raison du classement du site : renseignez-vous auprès de l’AAPPMA de La Bresse avant d’envisager le float tube, la pêche se pratiquant essentiellement depuis les zones de bordure autorisées. En saison, des navettes touristiques desservent parfois le secteur depuis le centre de La Bresse.
À plus de 900 mètres d’altitude, le climat est montagnard : hivers rigoureux avec un lac régulièrement gelé de décembre à mars, printemps tardif et étés frais. L’eau dépasse rarement 18 à 20 °C en plein été, ce qui maintient les carnassiers actifs même en juillet-août, un vrai avantage par rapport aux lacs de plaine. Pour la pêche aux leurres, nos conditions favorites sur ce plan d’eau sont un ciel couvert avec une légère brise qui ride la surface : les perches chassent alors plus volontiers et les brochets quittent les herbiers. Méfiez-vous des passages de front froid, fréquents en montagne, qui coupent l’activité net : une pression atmosphérique stable depuis 48 heures est souvent gage de réussite. Au printemps, visez les après-midis ensoleillés où l’eau se réchauffe ; en automne, les journées grises et douces sont en or pour le brochet.
La pêche aux leurres reste à nos yeux la plus belle façon de profiter du site, mais le lac de lispach est aussi un haut lieu d’activités nature. La baignade n’y est pas autorisée en raison de la fragilité de la tourbière, ce qui préserve d’ailleurs la tranquillité des pêcheurs. En hiver, le site se transforme en domaine nordique réputé : ski de fond, raquettes et même plongée sous glace pour les plus téméraires. Aux beaux jours, les sentiers alentour font le bonheur des vététistes et des randonneurs, et la vallée de La Bresse offre de nombreuses activités de montagne à quelques minutes en voiture.
Depuis le bord, plusieurs postes méritent toute votre attention. La zone de la digue, côté route, offre les fonds les plus marqués du lac : c’est un excellent secteur pour peigner l’eau en leurre souple ou tenter un montage finesse avec un bon fluorocarbon en pointe, indispensable dans cette eau souvent claire en bordure. Les avancées de tourbière et les champs de nénuphars, eux, concentrent les brochets postés : un spinnerbait ou un leurre souple en weightless passé au ras des obstacles y déclenche régulièrement des attaques spectaculaires. Enfin, les arrivées d’eau en queue de lac attirent le poisson fourrage, et donc les perches, surtout en été.
Rien de tel qu’une marche d’observation pour préparer une session, et le secteur s’y prête à merveille. Le tour du lac, environ 2 km en 45 minutes, est une boucle facile et idéale pour repérer les bordures de tourbière, les trouées dans les herbiers et les départs de poissons en maraude : faites-le polarisantes sur le nez, de préférence tôt le matin. Pour les plus motivés, la boucle Lispach – Étang de Machais (environ 8 km, 2h30, niveau moyen) traverse une réserve naturelle splendide et permet de prendre de la hauteur sur le plan d’eau : c’est de là que l’on distingue le mieux les variations de profondeur et les zones sombres tenues par les brochets. Enfin, le circuit vers le col de Grosse Pierre (10 km, 3h30, sportif) offre des panoramas superbes sur la vallée et complète parfaitement une journée où la pêche serait calme en milieu de journée.
Pour rayonner facilement, La Bresse, à 5 minutes en voiture, concentre l’essentiel de l’offre : campings en bord de Moselotte (pratiques pour combiner pêche en rivière et sessions sur le lac), gîtes de montagne et chalets typiques, dont plusieurs acceptent volontiers les pêcheurs avec départ avant l’aube. La pêche de nuit n’étant pas autorisée sur ce plan d’eau, inutile de prévoir un biwy : un hébergement confortable à proximité est la meilleure option. Côté table, l’auberge située directement au bord du lac propose une cuisine vosgienne copieuse, parfaite après une matinée de prospection, et les fermes-auberges des environs servent les incontournables tofailles et munster fermier. Le marché de La Bresse, le dimanche matin, est l’occasion idéale de remplir la glacière avant de retourner traquer perches et brochets.
Non, la baignade est interdite sur ce plan d’eau en raison de la fragilité de sa tourbière flottante classée et de ses eaux froides d’altitude. C’est une bonne nouvelle pour les pêcheurs : le site reste calme toute l’année et les carnassiers ne sont pas dérangés par les baigneurs, même en plein été.
Sur ce lac peu profond et riche en herbiers, nous privilégions les leurres souples de 10 à 15 cm en linéaire lent, les spinnerbaits et le chatterbait, parfaits pour passer au ras des nénuphars et des bordures de tourbe. En automne, les crankbaits peu plongeants en coloris naturels déclenchent de belles attaques réflexes avant la fermeture des carnassiers.
Non, la pêche de nuit n’est pas autorisée sur le lac de lispach, comme sur la plupart des plans d’eau de montagne classés du massif vosgien. Les meilleures fenêtres d’activité restent de toute façon l’aube et le crépuscule, des créneaux légaux pendant lesquels perches et brochets chassent activement en bordure.
La navigation à moteur est strictement interdite et la mise à l’eau d’embarcations, y compris float tube et kayak, est très restreinte en raison du classement environnemental du site et de sa tourbière flottante protégée. Avant toute session, renseignez-vous auprès de l’AAPPMA de La Bresse ou de la fédération de pêche des Vosges, sachant que le tour du lac offre déjà de nombreux postes accessibles depuis les zones de bordure autorisées.
Le sandre est absent de ce lac d’altitude, dont les eaux acides et froides ne lui conviennent pas. De manière générale en lac, nous le recherchons en pêche verticale sur les cassures avec un leurre souple finesse, ou en linéaire lent gratté sur le fond ; ici, reportez plutôt cet effort de prospection lente sur les belles perches du plan d’eau, très réceptives au drop shot.
Garez-vous au parking gratuit situé en bord de route, puis empruntez le sentier qui fait le tour du lac pour rejoindre la digue, les avancées de tourbière et les champs de nénuphars, qui constituent les postes les plus productifs. Restez impérativement sur les secteurs autorisés et ne marchez jamais sur la tourbière flottante : elle est à la fois protégée et dangereuse, et les meilleurs lancers se font de toute façon depuis ses abords.
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