Niché au cœur du Massif du Sancy, dans le Puy-de-Dôme, le lac de chambon est l’un des joyaux de l’Auvergne. Entouré de volcans endormis et dominé par la dent du Marais, ce plan d’eau d’origine volcanique attire chaque année des milliers de visiteurs, mais surtout, pour ce qui nous concerne, de nombreux pêcheurs aux leurres. Brochets postés dans les herbiers, perches en chasse le long des bordures : ici, le carnassier est roi, et nous allons vous expliquer pourquoi cette destination mérite une place dans votre carnet de sessions.
Dans cet article, nous passons en revue tout ce qu’il faut savoir avant de monter votre première combo : histoire et caractéristiques du lac, espèces présentes et techniques de pêche aux leurres adaptées, accès, météo, activités annexes, randonnées pour repérer les postes, sans oublier le camping lac du chambon pour les sessions prolongées. Suivez le guide !
Contrairement à de nombreux plans d’eau que nous vous présentons sur Rodmaps, le lac de chambon n’est pas un lac de barrage artificiel mais un lac naturel d’origine volcanique. Il s’est formé il y a environ 8 700 ans, lorsque l’éruption du volcan du Tartaret a barré la vallée de la Couze Chambon. La dent du Marais, impressionnante falaise qui surplombe la rive nord, témoigne encore de cette histoire géologique mouvementée. Côté chiffres, le lac du chambon s’étend sur environ 60 hectares à 877 mètres d’altitude, pour une profondeur moyenne très faible : 4 mètres au maximum. Cette faible profondeur est une donnée capitale pour nous, pêcheurs aux leurres : l’eau se réchauffe vite au printemps, la végétation aquatique est abondante, et les carnassiers évoluent souvent à portée de lancer depuis le bord. Le lac est alimenté par la Couze Chambon et plusieurs ruisseaux de montagne, ce qui garantit une eau de qualité et une belle oxygénation, même en plein été.
Le peuplement piscicole est typique des lacs de moyenne montagne riches en végétation. Le brochet est sans conteste la star des lieux : la faible profondeur et les herbiers denses constituent un habitat idéal pour Esox lucius, et des spécimens dépassant le mètre y sont capturés régulièrement. La perche est également très présente, souvent en bancs actifs le long des cassures et autour des structures immergées. Le sandre est plus discret sur ce plan d’eau peu profond, mais quelques individus fréquentent les zones les plus creuses au large. En revanche, ne cherchez ni black-bass ni silure ici : l’altitude et la fraîcheur des eaux ne leur conviennent pas. Côté poissons blancs, gardons, rotengles, tanches et carpes complètent le tableau et constituent un garde-manger généreux pour les carnassiers.
Pour le brochet, nous privilégions les leurres souples de 12 à 18 cm montés en texan pour passer dans les herbiers, ainsi que les spinnerbaits et le chatterbait, redoutable sur une canne casting dédiée, qui permettent de peigner rapidement les bordures végétalisées. Au printemps, juste après l’ouverture, les poissons sont collés aux herbiers naissants ; en été, pêchez tôt le matin en surface ou en subsurface ; à l’automne, les crankbaits plongeants et les gros swimbaits prospectés au large font la différence. Pour la perche, le dropshot et les petits leurres souples en finesse excellent le long des tombants, tandis que les chasses estivales se travaillent au petit popper ou au leurre de surface : à ce sujet, le choix entre trenza o nylon a toute son importance pour animer correctement ces leurres. En barque ou en float-tube, la pêche en verticale sur les fosses peut surprendre une grosse perche ou un sandre opportuniste : un échosondeur bien réglé, comme nous l’expliquions dans notre guide sur Mequinenza, devient alors un allié précieux pour localiser les rares zones profondes. Enfin, un petit jig à perche de qualité gratté sur le fond reste une valeur sûre quand les poissons boudent les animations rapides.
Observez aussi la faune aviaire : grèbes huppés, hérons cendrés et milans royaux survolent régulièrement le plan d’eau, et leur activité trahit souvent la présence de bancs de poissons fourrage. Les roselières de la rive est et les nénuphars des anses peu profondes sont des indicateurs de postes de premier ordre : là où la végétation est dense, le brochet n’est jamais loin. Les zones où les herbiers s’arrêtent brutalement sur une cassure méritent systématiquement quelques lancers.
L’accès est très simple en voiture : le lac se situe entre les villages de Chambon-sur-Lac et Murol, à environ 35 minutes de Clermont-Ferrand par l’A75 (sortie 6) puis la D996. Plusieurs parkings gratuits jalonnent les rives, notamment côté plage de Chambon-sur-Lac et près de la base nautique. Pour les pêcheurs en float-tube ou en barque, des mises à l’eau pratiques existent près de la plage principale ; attention toutefois, les embarcations à moteur thermique sont interdites, seuls les moteurs électriques et la rame sont tolérés, ce qui garantit une tranquillité appréciable. En transports en commun, des lignes de bus régionales relient Clermont-Ferrand à Murol en saison, mais le véhicule personnel reste de loin la solution la plus pratique pour transporter le matériel.
À près de 900 mètres d’altitude, le climat est montagnard : hivers froids avec gel fréquent (le lac peut partiellement geler), printemps frais et étés agréables sans canicule excessive. L’eau oscille entre 4-6°C en hiver, 12-15°C au printemps, et peut atteindre 20-22°C en plein été grâce à la faible profondeur. Pour la pêche aux leurres, les meilleures fenêtres se situent de mai à juin puis de septembre à octobre, lorsque les carnassiers sont actifs sur l’ensemble du plan d’eau. Un vent modéré qui ride la surface est notre allié : il oxygène l’eau, casse la luminosité et rapproche le fourrage des bordures battues. Méfiez-vous des fortes chutes de pression atmosphérique qui peuvent couper l’activité, et privilégiez les ciels couverts stables. En été, concentrez vos efforts sur les coups du matin et du soir, la fréquentation touristique en journée rendant la pêche plus délicate.
La pêche aux leurres reste évidemment notre activité numéro un sur place, que ce soit du bord, en float-tube ou en barque. Mais le site est aussi une destination familiale complète : deux plages surveillées en été (côté Murol et côté Chambon-sur-Lac), location de paddles, pédalos et kayaks à la base nautique, ainsi que de nombreux circuits VTT dans le massif du Sancy. Cette polyvalence en fait une destination idéale pour combiner sessions de pêche matinales et activités en famille l’après-midi, un compromis que nous pratiquons régulièrement.
Profitez d’ailleurs d’une sortie en kayak ou en paddle pour repérer les postes : les bordures de roselières à l’est, la zone sous la dent du Marais où les éboulis créent des structures rocheuses intéressantes, les arrivées d’eau de la Couze Chambon riches en fourrage, et les tombants au large de la plage principale. Du bord, les pontons, les pointes et les anses à nénuphars sont les spots les plus productifs, surtout aux heures calmes.
Trois boucles méritent le détour, polarisées pour nous autour du repérage. Le tour du lac (environ 3,5 km, 1h, facile) est incontournable : il permet d’observer toutes les bordures, de noter les herbiers, les cassures visibles par eau claire et les zones d’ombre portée. La montée à la dent du Marais (environ 4 km aller-retour, 1h30, modérée) offre un point de vue plongeant exceptionnel sur le plan d’eau : par temps ensoleillé et eau claire, vous distinguerez les plateaux peu profonds, les fosses et même parfois les bancs de poissons blancs. Enfin, la boucle du puy de Tartaret (environ 7 km, 2h30, modérée) longe la Couze Chambon en aval et permet de comprendre la dynamique des arrivées et sorties d’eau, des zones toujours stratégiques pour les carnassiers. Prenez des photos polarisées depuis les hauteurs : elles vous serviront toute la saison.
Pour dormir au plus près des postes, le camping lac de chambon est la solution idéale : plusieurs établissements bordent directement les rives, dont des campings trois et quatre étoiles avec emplacements, mobil-homes et chalets. Réserver un emplacement au camping lac du chambon permet d’être à pied d’œuvre dès l’aube pour le coup du matin, le moment le plus productif en été. Attention toutefois : la pêche de nuit de la carpe n’est autorisée que sur certains secteurs définis par la réglementation locale, renseignez-vous auprès de l’AAPPMA avant de planifier une session nocturne. Côté gîtes et chambres d’hôtes, Murol et Chambon-sur-Lac offrent un large choix, souvent avec vue sur le lac. Pour se restaurer, les auberges de Murol servent une cuisine auvergnate généreuse (truffade, potée, fromages de Saint-Nectaire produits à quelques kilomètres), et le marché de Murol, en saison, est parfait pour ravitailler la glacière entre deux sessions.
Le no-kill n’est pas imposé sur l’ensemble du lac de chambon, mais nous encourageons vivement la remise à l’eau des carnassiers, en particulier des brochets de plus de 80 cm qui sont les reproducteurs de demain. La réglementation départementale s’applique : tailles légales de capture et quotas en vigueur dans le Puy-de-Dôme, à vérifier auprès de la fédération de pêche 63 avant votre session.
Oui, la baignade est autorisée et surveillée en juillet et août sur les deux plages aménagées, côté Murol et côté Chambon-sur-Lac. Pour les pêcheurs, cela signifie qu’il faut éviter ces zones très fréquentées en journée estivale et privilégier les coups du matin et du soir, ou les secteurs plus sauvages de la rive est.
Pour découvrir le plan d’eau, une canne medium-heavy de 2,10 m à 2,30 m avec un bas de ligne en fluorocarbone fort ou en acier couvrira la pêche du brochet aux leurres souples, spinnerbaits et chatterbaits. Complétez avec un ensemble light pour la perche en dropshot et petits leurres souples, des waders pour accéder aux bordures encombrées, et idéalement un float-tube pour atteindre les herbiers du large.
Les embarcations à moteur thermique sont interdites sur le lac : seuls la rame, le pédalier et le moteur électrique sont autorisés, ce qui préserve la tranquillité du site et des poissons. Float-tubes, kayaks et barques légères sont donc parfaitement adaptés ; respectez simplement les zones de baignade balisées en été et les éventuelles réserves de pêche signalées.
C’est même l’une des meilleures destinations familiales que nous connaissions en Auvergne : pendant que vous traquez le brochet au lever du jour, le reste de la famille profite de la plage, du paddle ou des sentiers de randonnée. La densité de perches permet aussi d’initier facilement les enfants à la pêche aux leurres avec des touches régulières en dropshot ou aux petits leurres souples depuis le bord.
Le lac étant classé en deuxième catégorie piscicole, la fermeture du brochet s’étend généralement du dernier dimanche de janvier au dernier samedi d’avril, période de reproduction de l’espèce. Les dates exactes pouvant évoluer chaque année, consultez l’arrêté préfectoral du Puy-de-Dôme avant de planifier votre première session de la saison ; pendant la fermeture, la pêche de la perche aux leurres ciblés reste possible sous conditions.
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