Niché entre les massifs de l’Épine et des Bauges, en Savoie, le Lago Bourget est tout simplement le plus grand lac naturel d’origine glaciaire entièrement français. Pour nous, pêcheurs aux leurres, ce géant alpin est un terrain de jeu exceptionnel : brochets trophées, perches en bancs, ombles chevaliers en profondeur et même quelques surprises du côté du silure. Autant dire qu’une session ici ne laisse jamais indifférent.
Dans cet article, nous vous emmenons à la découverte de ce plan d’eau mythique sous l’angle qui nous passionne : la pêche aux leurres. Histoire du lac, espèces présentes, techniques à privilégier selon les saisons, accès, météo, hébergements et même un camping lac du Bourget pour planifier votre séjour : nous avons rassemblé tout ce qu’il faut savoir avant de monter votre canne spinning au bord de l’eau.
Contrairement à de nombreux spots que nous vous présentons sur Rodmaps, le lac du Bourget n’est pas un lac de barrage : il s’est formé il y a environ 19 000 ans, lors du retrait des glaciers du Quaternaire. Avec ses 44,5 km² de superficie, ses 18 km de longueur, sa profondeur maximale d’environ 145 mètres et son volume colossal de 3,6 milliards de m³, il s’agit du plus grand lac naturel intégralement situé en France. Perché à 231 mètres d’altitude, il borde les villes d’Aix-les-Bains et du Bourget-du-Lac, et se déverse dans le Rhône via le canal de Savières. Immortalisé par Lamartine dans son poème « Le Lac », ce plan d’eau a longtemps fait vivre des générations de pêcheurs professionnels, notamment grâce au lavaret et à l’omble chevalier. Aujourd’hui, la qualité de l’eau s’est nettement améliorée après les efforts de dépollution des années 1970-1980, et la population de carnassiers s’en porte d’autant mieux. Pour nous, cela se traduit par des biotopes variés : beines (plateaux littoraux), tombants vertigineux, roselières classées Natura 2000 et herbiers denses, autant de structures que nos leurres adorent prospecter.
Le peuplement piscicole est ici d’une richesse rare. Côté carnassiers, le lucio est la star incontestée : des spécimens dépassant régulièrement le mètre, voire le mètre vingt, sont capturés chaque année le long des roselières et des cassures. La perche est omniprésente, avec de superbes zébrées chassant en bancs sur les beines, et le sandre a colonisé les zones profondes où il offre de belles sessions en verticale. Le silure est désormais bien implanté, avec des poissons de plus de deux mètres recensés. On trouve également l’omble chevalier et la truite lacustre pour les amateurs de salmonidés, ainsi que le célèbre lavaret. Côté poissons blancs et espèces de fond : gardons, brèmes, tanches, carpes et lotes complètent un garde-manger qui explique la croissance impressionnante des carnassiers locaux.
Pour le brochet, nous privilégions les gros señuelos blandos shads de 15 à 25 cm en linéaire le long des tombants, ainsi que les swimbaits et spinnerbaits en bordure de roselières au printemps et à l’automne. Attention aux dates : consultez notre article sur l’ouverture de la pêche aux carnassiers avant de planifier votre session. Pour le sandre, la pêche en verticale au leurre souple sur les zones de 15 à 35 mètres est redoutable de la fin d’automne à l’hiver, tandis que le linéaire gratté fonctionne bien en début de saison. Les perches se prennent au dropshot, au petit crankbait et au spintail sur les beines et autour des structures (pontons, bouées, herbiers), surtout en été lorsque les chasses explosent en surface. Quant aux salmonidés, la traîne lente et le lancer de cuillers ondulantes ou de leurres souples finesse en profondeur restent les valeurs sûres.
Le lac abrite aussi une avifaune remarquable : grèbes huppés, hérons, harles bièvres et cormorans. Observer ces oiseaux piscivores est d’ailleurs un excellent indicateur : là où ils plongent, le poisson fourrage est présent, et les carnassiers rarement loin. De même, les vastes roselières du sud du lac et les herbiers de potamots signalent des zones de chasse privilégiées pour le brochet : repérez les bordures nettes entre végétation et eau libre, ce sont des autoroutes à attaques.
L’accès est très simple en voiture : l’autoroute A41 (sortie Aix-les-Bains) et la N201 desservent directement les rives. De nombreux parkings gratuits ou payants jalonnent le tour du lac, notamment au Bourget-du-Lac, à Aix-les-Bains (Grand Port et Petit Port), à Brison-Saint-Innocent et à Chindrieux. Pour les pêcheurs embarqués, plusieurs cales de mise à l’eau sont disponibles : le Grand Port d’Aix-les-Bains, le port du Bourget-du-Lac et Châtillon à Chindrieux. Le float-tube et le kayak se mettent à l’eau facilement depuis les plages publiques hors saison estivale, en restant vigilant sur les zones réglementées et le trafic nautique. En transports en commun, la gare SNCF d’Aix-les-Bains-Le Revard se situe à dix minutes à pied de la rive, ce qui en fait l’un des grands lacs alpins les plus accessibles sans voiture : pratique pour une session du bord avec un sac léger et une boîte de leurres bien pensée.
Le climat est de type semi-continental avec influence montagnarde : hivers froids, étés chauds et orages fréquents en intersaison. L’eau descend autour de 5-7°C en hiver, remonte vers 12-15°C au printemps, atteint 22-25°C en surface l’été, puis redescend progressivement à l’automne. Pour la pêche aux leurres, les meilleures fenêtres se situent au printemps et à l’automne, lorsque les carnassiers chassent activement sur les beines. Méfiez-vous du vent : la « traverse » et le vent du sud peuvent lever rapidement de grosses vagues, dangereuses en float-tube. Un léger vent ridant la surface et une pression atmosphérique stable ou en baisse douce constituent nos conditions favorites : les perches et les brochets sont alors nettement plus mordeurs. En plein été, privilégiez les coups du matin et du soir, ou descendez chercher le poisson en verticale dans les couches d’eau plus fraîches.
La pêche aux leurres reste évidemment notre activité numéro un sur place : du bord, en barque, en float-tube ou en kayak, les possibilités sont infinies entre roselières, tombants et plateaux. Mais le site offre aussi de quoi occuper toute la famille : baignade sur les plages aménagées d’Aix-les-Bains, du Bourget-du-Lac ou de Châtillon, paddle et kayak sur les eaux turquoise, voile, plongée, et de superbes itinéraires VTT et vélo de route, dont la véloroute qui longe la rive est. Les thermes d’Aix-les-Bains et l’abbaye de Hautecombe, accessible en bateau, complètent le tableau pour les jours sans pêche… s’il en existe.
Côté postes, plusieurs secteurs méritent votre attention. Depuis le bord : les enrochements de Brison-Saint-Innocent pour la perche au dropshot, les abords du canal de Savières au nord pour le brochet et le silure, et les pontons du Grand Port pour les chasses estivales. En barque, concentrez-vous sur la beine sud près des roselières du Bourget-du-Lac, les tombants de la rive ouest sous la Dent du Chat (sandre en verticale) et les cassures entre 10 et 25 mètres où l’écho-sondeur révèle les boules de fourrage. Une règle d’or ici : trouvez le lavaret et le gardon, vous trouverez les carnassiers.
Marcher autour du lac est aussi un excellent moyen de repérer des postes invisibles depuis l’eau. Le sentier du littoral entre Aix-les-Bains et Brison-Saint-Innocent (environ 8 km aller-retour, 2h30, facile) longe la rive est et permet d’observer enrochements, arbres immergés et bordures d’herbiers où traquer la perche. La montée à la Chambotte (6 km, 2h, difficulté moyenne, environ 400 m de dénivelé) offre un panorama exceptionnel : par eau claire, on distingue parfaitement les beines, les cassures et les variations de teinte qui trahissent les changements de profondeur — prenez des photos, elles valent toutes les cartes bathymétriques. Enfin, la boucle du marais de Chautagne au nord (10 km, 3h, facile) traverse les zones humides où le brochet vient frayer au printemps : repérer ces frayères vous indiquera les axes de déplacement des poissons en début de saison.
Pour un séjour pêche, le camping lac du Bourget est la formule idéale : plusieurs établissements bordent directement les rives, notamment au Bourget-du-Lac, à Brison-Saint-Innocent et à Chindrieux, certains avec accès direct à l’eau, pratique pour mettre le float-tube à l’eau dès l’aube. Attention toutefois, la pêche de nuit des carnassiers n’est pas autorisée ici : organisez vos sessions sur les coups du matin et du soir. Pour plus de confort, gîtes et chambres d’hôtes abondent dans les villages alentour, et les hôtels d’Aix-les-Bains conviennent aux séjours en famille. Côté table, ne repartez pas sans avoir goûté les filets de lavaret ou de perche meunière dans les restaurants du Grand Port ou du Bourget-du-Lac. Les marchés d’Aix-les-Bains (mercredi et samedi) et de Chambéry regorgent de produits savoyards : fromages, charcuterie et vins de Savoie, parfaits pour le pique-nique entre deux dérives.
Oui, la navigation est autorisée et plusieurs cales de mise à l’eau sont disponibles au Grand Port d’Aix-les-Bains, au Bourget-du-Lac et à Chindrieux. Le float-tube est également permis, mais nous vous recommandons la plus grande prudence par vent de sud ou de traverse, qui peut lever rapidement de fortes vagues sur ce vaste plan d’eau.
Non, la pêche de nuit des carnassiers n’est pas autorisée sur le lac du Bourget : la pêche y est permise de demi-heure avant le lever du soleil à demi-heure après son coucher. Concentrez donc vos sessions aux leurres sur les coups du matin et du soir, qui sont de toute façon les créneaux les plus productifs pour le brochet et la perche.
Le lac produit régulièrement des brochets dépassant 1,20 mètre, et des spécimens de plus de 15 kg ont déjà été capturés. Des silures de plus de deux mètres ont également été recensés ces dernières années, ce qui en fait l’un des plans d’eau alpins les plus prometteurs pour les pêcheurs de trophées aux leurres.
Oui, la baignade est autorisée et surveillée en été sur plusieurs plages aménagées, notamment à Aix-les-Bains, au Bourget-du-Lac et à Châtillon. La qualité de l’eau, excellente depuis les opérations de dépollution, en fait l’un des grands lacs les plus agréables pour se rafraîchir entre deux sessions de pêche.
Oui, le sandre est bien présent et sa population s’est développée ces dernières décennies, principalement sur les zones profondes et les tombants de 15 à 35 mètres. Les meilleures périodes pour le rechercher s’étendent de l’automne à l’hiver, lorsque les poissons se regroupent près des boules de fourrage visibles à l’écho-sondeur.
La pêche en verticale au leurre souple monté sur tête plombée de 10 à 30 grammes est la technique reine sur les grandes profondeurs du lac, en dérive lente au-dessus des cassures. En début de saison ou par eau plus chaude, le linéaire gratté sur les beines et le dropshot lourd donnent également d’excellents résultats sur ce carnassier méfiant.
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