Lac de Gaube – Pêche au coup, carpe et activités nautiques

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lac de gaube - vue du lac
Photo : J Britton via Unsplash

Perché à 1 725 mètres d’altitude au cœur du Parc National des Pyrénées, le lac de gaube est l’un des joyaux des Hautes-Pyrénées. Situé sur la commune de Cauterets, au pied du majestueux Vignemale, ce plan d’eau d’origine glaciaire attire chaque année des milliers de randonneurs… mais aussi, et c’est ce qui nous intéresse, des pêcheurs aux leurres en quête de salmonidés sauvages dans un décor à couper le souffle.

Nous avons eu la chance de poser nos cannes sur ses rives turquoise, et autant vous le dire tout de suite : la pêche ici se mérite, mais elle récompense. Dans cet article, nous passons en revue l’histoire du lac, les espèces présentes, les techniques aux leurres qui fonctionnent, l’accès, la météo, les randonnées pour repérer les postes et toutes les infos pratiques pour préparer votre session en altitude.

Histoire et caractéristiques du lac de gaube

Contrairement à de nombreux lacs pyrénéens exploités pour l’hydroélectricité, le lac de gaube est un lac entièrement naturel, formé par le retrait des glaciers il y a plusieurs milliers d’années. Son nom vient d’ailleurs du gascon “gaube” qui signifie tout simplement… lac. Alimenté par le gave des Oulettes qui descend directement du glacier du Vignemale (3 298 m, point culminant des Pyrénées françaises), il s’étend sur environ 19 hectares pour une profondeur maximale avoisinant les 40 mètres. Ses eaux froides, claires et bien oxygénées en font un habitat idéal pour les salmonidés. Célébré par Victor Hugo et les romantiques du XIXe siècle, ce plan d’eau est aujourd’hui protégé par le Parc National des Pyrénées, ce qui garantit une qualité d’eau exceptionnelle et un cadre de pêche préservé. Pour nous, pêcheurs aux leurres, cette configuration — cassures rapides, eau cristalline, fosses profondes — impose une approche fine et discrète, mais offre des combats mémorables avec des poissons sauvages.

lac de gaube pêche aux leurres
Photo : Maria Cassagne via Unsplash

Quels poissons pêcher au lac de gaube ?

Oubliez le brochet, le sandre ou le silure : nous sommes ici dans un lac de haute montagne, royaume exclusif des salmonidés. Le peuplement se compose principalement de truites fario sauvages, de saumons de fontaine (omble de fontaine) issus d’alevinages anciens et désormais acclimatés, ainsi que de cristivomers (truites de lac) qui hantent les couches profondes. Quelques vairons complètent l’écosystème et constituent le fourrage principal des carnassiers du lac. Les fario se tiennent généralement près des arrivées d’eau et le long des bordures rocheuses, tandis que les cristivomers exigent de prospecter les fosses, parfois à plus de 15 mètres de fond. Avant de partir, pensez à vérifier les dates d’ouverture de la pêche à la truite, car en première catégorie piscicole, la saison est strictement encadrée.

Côté techniques, l’ultra-léger règne en maître sur place. Pour les fario de bordure, nous privilégions les petites cuillères ondulantes de 2 à 5 g, les poissons-nageurs coulants de 5 cm et les leurres à truite type micro-crankbaits en lancer-ramener le long des cassures. Pour le saumon de fontaine, souvent en chasse sur les vairons au lever du jour, un petit leurre souple shad de 5 cm monté sur tête plombée de 3 à 5 g fait merveille en peigne lent. Le cristivomer, lui, se cherche en pêche profonde : ondulante lourde laissée descendre sur les fosses, ou leurre souple en dents de scie près du fond, tôt le matin en début de saison quand il remonte dans la couche d’eau. Un moulinet truite ultra-léger en taille 2000 garni de tresse fine et une pointe en fluorocarbone de 18 à 22 centièmes sont indispensables dans cette eau limpide où les poissons sont méfiants.

L’observation de la nature vous aidera à lire le lac. Les éboulis rocheux qui plongent dans l’eau marquent des cassures abruptes où patrouillent les fario. L’arrivée du gave des Oulettes, au sud, crée une zone oxygénée et riche en nourriture, poste numéro un du plan d’eau. Côté faune, gypaètes barbus, vautours fauves et marmottes animent le décor — et si vous voyez des gobages concentrés près des herbiers de bordure en soirée, c’est le signe d’une activité d’insectes que les truites exploitent : passez alors sur des leurres de surface ou des micro-poissons-nageurs.

poissons et pêche au lac de gaube
Photo : Damien Petit via Unsplash

Comment accéder au lac

L’accès se fait depuis Cauterets, en remontant la route du Pont d’Espagne (D920) jusqu’au grand parking payant du Puntas (environ 1 500 m d’altitude). De là, deux options : la randonnée classique par le sentier du GR10, environ 1h à 1h15 de montée pour 300 m de dénivelé, ou la solution confort avec le télécabine du Puntas suivi du télésiège de Gaube, qui vous dépose à une dizaine de minutes de marche du lac — pratique quand on porte un float-tube et le matériel ! Attention : nous sommes en zone cœur du Parc National, la navigation motorisée est interdite et l’usage du float-tube doit être vérifié auprès de la réglementation du parc et de l’AAPPMA de Cauterets. En pratique, la pêche se fait essentiellement du bord, et c’est largement suffisant tant les cassures sont proches. En été, des navettes relient Cauterets au Pont d’Espagne, idéal pour éviter les parkings saturés en haute saison.

Carte du lac

Météo et conditions de pêche

À 1 725 m d’altitude, la meteo lac de gaube est typiquement montagnarde : le lac reste gelé une bonne partie de l’hiver et le dégel intervient généralement entre fin avril et fin mai selon l’enneigement. L’eau dépasse rarement 12 à 14°C au cœur de l’été, ce qui maintient les salmonidés actifs toute la saison. Les meilleures fenêtres pour les leurres ? Juin et début juillet juste après la fonte, quand les poissons se gavent en bordure, puis septembre avec les fario agressives avant la fermeture. Côté conditions, une légère brise qui ride la surface est votre meilleure alliée : elle casse la luminosité et rend les poissons moins méfiants dans cette eau translucide. Méfiez-vous des orages d’après-midi, fréquents et violents en été — pêchez tôt le matin, c’est de toute façon le meilleur créneau. Une pression atmosphérique stable ou en légère baisse déclenche souvent les chasses du saumon de fontaine.

Que faire au lac de gaube ?

La pêche aux leurres reste pour nous l’activité reine sur ce plan d’eau, mais le site offre bien d’autres possibilités. La baignade est théoriquement possible mais réservée aux courageux : l’eau dépasse rarement 14°C ! Le paddle et le kayak ne sont pas pratiqués ici en raison de la réglementation du Parc National et de l’absence de mise à l’eau. En revanche, la randonnée est exceptionnelle, avec la montée vers le refuge des Oulettes de Gaube face au glacier du Vignemale. Le VTT est limité aux pistes en aval du Pont d’Espagne. L’hôtellerie du lac, posée sur la rive nord, permet de déjeuner avec vue sur l’eau entre deux sessions de pêche — un luxe rare en montagne.

Pour les postes, concentrez-vous sur trois zones. D’abord la queue de lac au sud, où le gave des Oulettes se jette dans le plan d’eau : courant, oxygène, nourriture, c’est le spot des fario actives. Ensuite la rive ouest et ses éboulis, dont les blocs immergés créent des caches profondes à prospecter au leurre souple en escalier. Enfin l’exutoire au nord, près de l’hôtellerie, où les vairons se concentrent et attirent les saumons de fontaine en maraude au lever du jour. La rive est, longée par le sentier, est plus fréquentée : gardez-la pour les heures creuses.

activités au lac de gaube
Photo : Gaëtan GR via Unsplash

Randonnée et repérage des postes autour du lac

La randonnée lac de gaube classique part du Pont d’Espagne par le GR10 : comptez 2,5 km et 1h de montée (300 m de dénivelé, niveau facile à moyen). Profitez de l’arrivée en surplomb pour repérer les cassures et les blocs immergés visibles dans l’eau claire — un avantage énorme avant même le premier lancer. Deuxième option : le tour partiel du lac par la rive ouest, environ 2 km aller-retour sur sentier d’éboulis (45 min, moyen), qui vous donne accès aux postes profonds les moins pêchés. Pour les plus motivés, la montée au refuge des Oulettes de Gaube (10 km aller-retour depuis le Puntas, 4h, 700 m de D+, niveau moyen-soutenu) longe tout le gave amont : vous y débusquerez de petites fario de torrent à l’ultra-léger et observerez d’en haut la zone d’alimentation du lac, le poste le plus productif du secteur. Polarisantes obligatoires : en montagne, le repérage visuel fait 50 % de la réussite.

Où dormir et où manger ?

Le bivouac est toléré en zone cœur du Parc National uniquement entre 19h et 9h, à plus d’une heure de marche des accès routiers — parfait pour être au bord de l’eau dès l’aube, le créneau en or pour les leurres (attention, la pêche de nuit est interdite en première catégorie). Pour plus de confort, l’hôtellerie du lac de Gaube propose restauration en saison directement sur la rive, et le refuge des Oulettes de Gaube accueille les randonneurs-pêcheurs en demi-pension. En vallée, Cauterets offre un large choix : campings (Le Péguère, Les Glères), gîtes, hôtels et restaurants de spécialités pyrénéennes — garbure, gâteau à la broche et fromages des estives. Le marché de Cauterets et la fameuse confiserie de berlingots complètent le tableau. Pensez à acheter votre carte de pêche et à vous renseigner sur les parcours auprès de l’AAPPMA locale ou de l’office de tourisme avant de monter.

FAQ – vos questions sur le lac de gaube

Quelle est la profondeur du lac et où sont les fosses ?

Le lac de gaube atteint environ 40 mètres de profondeur, avec des cassures très rapides dès la bordure, notamment le long de la rive ouest et de ses éboulis. Les fosses centrales abritent les cristivomers : prospectez-les avec des ondulantes lourdes ou des leurres souples plombés laissés descendre au fond, surtout tôt le matin en début de saison.

Comment accéder aux meilleurs postes de pêche ?

Depuis le parking du Puntas au Pont d’Espagne, comptez 1h de marche par le GR10 ou utilisez le télécabine puis le télésiège de Gaube. Les meilleurs postes sont l’arrivée du gave des Oulettes au sud du lac, les éboulis de la rive ouest et la zone de l’exutoire au nord, accessibles à pied en longeant les rives.

Peut-on pêcher en hiver sur ce lac ?

Non, c’est impossible et interdit : le plan d’eau est classé en première catégorie piscicole, la pêche y ferme donc à l’automne et ne rouvre qu’au printemps. De toute façon, le lac est gelé et le site enneigé une bonne partie de l’hiver, avec un dégel qui intervient généralement entre fin avril et fin mai.

La baignade est-elle autorisée au lac de gaube ?

La baignade n’est pas formellement interdite, mais elle reste très rude : l’eau dépasse rarement 12 à 14°C même en plein été, et il n’y a aucune surveillance. Pour les pêcheurs, c’est une bonne nouvelle, car ces eaux froides maintiennent les salmonidés actifs durant toute la saison estivale.

La pêche à la mouche est-elle praticable sur le lac ?

Oui, la mouche se pratique très bien ici, en particulier au streamer le long des cassures pour imiter les vairons, et en sèche le soir lors des éclosions près des bordures. Les rives dégagées de la queue de lac et de l’exutoire offrent suffisamment de recul pour les lancers, ce qui est rare en lac de montagne.

Quelle technique privilégier pour le sandre en lac ?

Précisons d’abord que le sandre est absent du lac de gaube, lac de haute montagne réservé aux salmonidés. Sur les grands lacs de plaine où il est présent, nous privilégions la pêche en verticale au leurre souple sur les fosses et les cassures, ainsi que le dropshot pour les poissons tatillons collés au fond.

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