Niché à seulement 3 kilomètres du centre-ville de Lourdes, dans les Hautes-Pyrénées, le lac de lourdes est l’un des rares lacs naturels d’origine glaciaire du piémont pyrénéen. Avec ses eaux calmes bordées d’une tourbière classée Natura 2000 et la chaîne des Pyrénées en toile de fond, ce plan d’eau de 50 hectares offre un terrain de jeu exceptionnel pour nous, pêcheurs aux leurres, à la recherche de brochets, perches et autres carnassiers.
Dans cet article, nous vous emmenons à la découverte de ce joyau bigourdan sous l’angle qui nous passionne : la pêche aux leurres. Histoire du lac, espèces présentes, techniques à privilégier, accès, météo, postes à repérer depuis le bord ou en float-tube, hébergements et même un détour par les bonnes tables du coin : voici notre guide complet pour préparer votre prochaine session sur ce spot incontournable des Pyrénées.
Contrairement à de nombreux plans d’eau de la région, le lac de lourdes n’est pas un lac de barrage : il s’agit d’un lac naturel d’origine glaciaire, formé il y a environ 20 000 ans lors du retrait du glacier du Lavedan. Cette cuvette glaciaire s’étend sur environ 50 hectares, à une altitude de 421 mètres, pour une profondeur maximale d’environ 11 mètres et une profondeur moyenne de 5 à 6 mètres. Sa rive ouest est bordée par une tourbière remarquable, l’une des dernières tourbières actives de plaine des Pyrénées, classée zone Natura 2000. Pour nous pêcheurs, cette configuration est une aubaine : les fonds en pente douce côté tourbière, les herbiers étendus et les zones plus profondes au centre créent une mosaïque de postes idéale pour les carnassiers. La gestion piscicole est assurée par l’AAPPMA locale, et le lac est classé en 2ème catégorie, ce qui permet d’y pêcher toute l’année dans le respect des périodes de fermeture spécifiques au brochet.
Le brochet est sans conteste la star des lieux. Le lac abrite une belle population d’esox, avec des sujets dépassant régulièrement le mètre, qui profitent des vastes herbiers et des bordures de la tourbière pour chasser. La perche est également très présente, souvent en bancs actifs autour des structures et des cassures, avec de jolis spécimens dépassant les 35 cm. On y croise aussi quelques sandres sur les zones plus profondes du centre, ainsi que des black-bass signalés ponctuellement près des zones encombrées. Côté poissons blancs et espèces de fond, gardons, rotengles, brèmes, tanches et carpes complètent le tableau et constituent un garde-manger généreux pour les prédateurs. La pêche de la truite et des carnassiers selon les dates d’ouverture reste encadrée par la réglementation de 2ème catégorie : pensez à vérifier les périodes avant de monter votre canne.
Pour le brochet, nous privilégions les leurres souples shads de 12 à 18 cm en linéaire le long des bordures d’herbiers au printemps et en automne, ainsi que le spinnerbait, redoutable dans les zones végétalisées où les leurres à triples se feraient piéger. En été, les chasses matinales se prêtent merveilleusement aux leurres de surface le long de la tourbière. La perche se pêche efficacement en drop shot sur les cassures de 4 à 7 mètres, ou aux petits crankbaits et leurres souples finesse en bordure dès que l’eau se réchauffe. Pour le sandre, une approche en verticale ou un leurre souple traîné lentement sur le fond des fosses centrales donne les meilleurs résultats, particulièrement en début et fin de journée. N’hésitez pas non plus à insister aux abords des arrivées d’eau, véritables aimants à poissons fourrage.
L’observation de la faune et de la flore est ici un véritable outil de pêche. Les hérons cendrés, grèbes huppés et cormorans qui fréquentent le plan d’eau trahissent souvent la présence de bancs de blanquette : suivez leur activité pour localiser les zones de chasse. Côté végétation, les nénuphars et les ceintures de roseaux de la rive ouest marquent des postes à brochets évidents, tandis que les herbiers immergés de potamots, visibles par eau claire, abritent perches et alevins. La tourbière, avec ses droseras et sa flore protégée, est interdite d’accès à pied, mais ses bordures restent pêchables depuis l’eau en float-tube : c’est l’un des meilleurs secteurs du lac.
L’accès est très simple : depuis le centre de Lourdes, comptez 5 minutes en voiture par la route de Pontacq (D940), direction « Lac de Lourdes ». Un grand parking gratuit se trouve côté est, à proximité du restaurant et de la base de loisirs, avec une mise à l’eau praticable pour les barques légères et les float-tubes. Attention : les embarcations à moteur thermique sont interdites, mais le moteur électrique est toléré, ce qui en fait un spot parfait pour la pêche itinérante en float-tube ou en kayak. Pour ceux qui viennent sans voiture, la gare SNCF de Lourdes est à environ 4 km, accessible à vélo par une piste agréable, et des lignes de bus urbains desservent les abords du lac en saison. Le tour du plan d’eau étant aménagé en sentier, de nombreux postes du bord restent accessibles à pied, notamment sur les rives nord et est.
Le climat du piémont pyrénéen est doux mais arrosé : prévoyez toujours une veste imperméable, même en été. L’eau descend autour de 5 à 7°C en plein hiver, remonte vers 12-15°C au printemps (la meilleure période pour le brochet en bordure), atteint 22-24°C en été où les carnassiers se décalent sur les zones profondes, puis redescend en automne pour offrir une superbe fenêtre d’activité de fin septembre à novembre. Pour la pêche aux leurres, nous recherchons ici les journées de vent d’ouest modéré qui ride la surface et pousse le fourrage sur les bordures est, ainsi que les baisses de pression atmosphérique avant les perturbations, souvent synonymes de frénésie alimentaire. Par grand soleil et eau claire, passez sur des coloris naturels et des animations plus discrètes, voire un peu d’attractant sur vos leurres souples pour déclencher les touches difficiles.
La pêche aux leurres reste évidemment notre activité numéro un sur place, du bord, en float-tube ou en barque électrique. Mais le site est aussi une véritable base de loisirs familiale : location de pédalos, paddle et kayaks en saison, golf 18 trous en bordure de rive, aire de jeux pour les enfants et sentiers de promenade. La baignade n’est pas surveillée et reste déconseillée, ce qui arrange plutôt nos affaires de pêcheurs en limitant le dérangement estival. Les vététistes apprécieront les pistes qui relient le lac aux coteaux environnants, et les amateurs de nature pourront observer la tourbière depuis les pontons aménagés. Une journée mixte pêche le matin, balade en famille l’après-midi fonctionne parfaitement ici.
Côté postes, plusieurs secteurs méritent toute votre attention. Depuis le bord, la rive est près de la mise à l’eau offre des cassures rapides intéressantes pour la perche en drop shot, tandis que la pointe nord et ses herbiers concentrent les brochets en début de saison. En barque ou en float-tube, longez la bordure de la tourbière à l’ouest : nénuphars, bois immergés et fonds de 2 à 4 mètres en font le secteur à brochets le plus régulier du lac. Les fosses centrales de 9 à 11 mètres, faciles à localiser à l’échosondeur, sont à prospecter en verticale en hiver lorsque les poissons blancs s’y regroupent. Enfin, surveillez les chasses de perches en pleine eau aux heures dorées : un petit jig ou une lame vibrante lancé dans l’activité fait souvent mouche.
Le tour complet du plan d’eau constitue la boucle de référence : environ 6 km, 1h30 de marche facile, accessible à tous. C’est pour nous le meilleur moyen de repérer les postes avant une session : profitez d’une lumière rasante du matin pour identifier les bordures d’herbiers, les arbres immergés et les zones de chasse. Une seconde option, la boucle du lac par les coteaux de Poueyferré (environ 9 km, 2h30, difficulté modérée), offre des points de vue en hauteur qui permettent de lire les variations de teinte de l’eau et donc de deviner les cassures et hauts-fonds, précieux quand on pêche ensuite en float-tube. Enfin, le sentier d’interprétation de la tourbière (1,5 km, 45 minutes, très facile, sur pontons) longe le secteur le plus poissonneux du lac : ouvrez l’œil sur les trouées dans les nénuphars, ce sont autant de fenêtres de tir pour vos leurres de surface estivaux.
Pour dormir au plus près de l’eau, le camping du Loup et plusieurs campings de la route de la forêt se trouvent à moins de 2 km, parfaits pour enchaîner les sessions à l’aube ; notez que la pêche de nuit de la carpe est autorisée sur certains secteurs définis par l’AAPPMA, renseignez-vous sur les parcours en vigueur. Lourdes, ville hôtelière par excellence, propose des centaines d’hôtels et gîtes à tous les prix, souvent bradés hors saison de pèlerinage : une aubaine pour un week-end pêche d’automne. Côté table, le restaurant lac de lourdes situé directement sur la rive est une institution locale : terrasse face à l’eau, cuisine de terroir bigourdan, idéal pour débriefer la session du matin. En ville, vous trouverez de nombreuses adresses de garbure et de porc noir de Bigorre, et le marché des halles de Lourdes, ouvert tous les matins, est parfait pour faire le plein de produits locaux avant de reprendre la route.
Les bancs de gardons et de rotengles se concentrent principalement le long des herbiers de la rive ouest au printemps et en été, puis se regroupent sur les fosses centrales de 9 à 11 mètres en hiver. Observez l’activité des oiseaux piscivores comme les grèbes et les cormorans : leur présence trahit presque toujours la position du fourrage, et donc celle des carnassiers en chasse.
Le lac de lourdes affiche une profondeur maximale d’environ 11 mètres pour une moyenne de 5 à 6 mètres. Les zones les plus profondes se situent dans la partie centrale du plan d’eau, tandis que la rive ouest, côté tourbière, descend en pente douce avec des fonds de 2 à 4 mètres très favorables au brochet.
Oui, l’échosondeur est un vrai plus, surtout pour localiser les cassures, les fosses centrales et les boules de fourrage en automne et en hiver. Même un modèle portable fixé sur un float-tube suffit ici, le lac étant de taille raisonnable : il vous fera gagner un temps précieux pour la pêche en verticale du sandre et des grosses perches.
Absolument, le plan d’eau abrite une belle population de carpes communes et miroirs, avec des poissons dépassant les 15 kilos, et certains secteurs sont ouverts à la pêche de nuit selon les parcours définis par l’AAPPMA locale. Pour nous pêcheurs aux leurres, la présence de carpes fouillant les bordures est aussi un indicateur intéressant de zones riches en nourriture, souvent fréquentées par les perches.
Sur ce lac, le drop shot avec un petit leurre souple finesse de 5 à 7 cm est redoutable sur les cassures de 4 à 7 mètres, notamment près de la mise à l’eau côté est. En période d’activité, un shad de 7 cm monté sur tête plombée légère ramené en linéaire le long des herbiers, ou un petit crankbait en prospection rapide, permettent de localiser les bancs avant d’insister en finesse.
Le parking gratuit côté est, près du restaurant, donne un accès direct à la mise à l’eau et aux postes du bord de la rive est et nord, accessibles par le sentier qui fait le tour du lac. Les meilleurs secteurs, notamment la bordure de la tourbière à l’ouest, se pêchent en revanche depuis l’eau : un float-tube ou une barque avec moteur électrique reste la solution idéale pour exploiter tout le potentiel du site.
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