Lac de Guizengeard – Pêche, nature et activités autour du lac

5/5 - (1 vote)
lac de guizengeard - vue du lac
Photo : Alicia Christin Gerald via Unsplash

Niché au cœur de la Charente, à la frontière de la Charente-Maritime et non loin des premières vignes du Bordelais, le lac de guizengeard intrigue tous ceux qui le découvrent. Ses eaux turquoise, héritées d’une ancienne exploitation de kaolin, lui valent le surnom de “lac bleu” et attirent chaque année promeneurs, photographes… et pêcheurs curieux. Car derrière la carte postale se cache un plan d’eau atypique, entouré de pinèdes et de berges sableuses, qui mérite qu’on s’y attarde canne en main.

Dans cet article, nous vous emmenons à la découverte de ce site singulier sous l’angle qui nous passionne : la pêche aux leurres. Histoire du site, espèces présentes dans le secteur, techniques à privilégier, accès, météo, postes à repérer et bonnes adresses pour dormir sur place : voici notre guide complet pour préparer votre session autour des lacs de guizengeard.

Histoire et caractéristiques du lac de guizengeard

Contrairement à la plupart des plans d’eau que nous présentons sur Rodmaps, le lac de guizengeard n’est ni un lac naturel ni une retenue de barrage : il s’agit d’anciennes carrières de kaolin, cette argile blanche exploitée dans le sud Charente depuis le XIXe siècle et jusqu’à la fin des années 1990. Une fois l’extraction terminée, les fosses se sont remplies d’eau de pluie et de nappe, donnant naissance à plusieurs lacs aux teintes bleu-vert spectaculaires, dues aux particules d’argile en suspension et à l’acidité de l’eau. On parle d’ailleurs souvent des lacs de guizengeard au pluriel, car le site compte plusieurs bassins, prolongés par les lacs voisins de Touvérac. Les plans d’eau, situés à environ 80 mètres d’altitude, couvrent chacun quelques hectares, avec des profondeurs qui peuvent dépasser une dizaine de mètres dans les anciennes fosses d’extraction. Attention : le site est classé Espace Naturel Sensible, et la baignade comme certaines activités y sont réglementées. Avant toute session, renseignez-vous impérativement auprès de la fédération de pêche de la Charente et de l’AAPPMA locale sur le statut halieutique exact des bassins, car l’eau acide de certaines fosses limite la vie piscicole et tous les plans d’eau du secteur ne sont pas ouverts à la pêche.

lac de guizengeard pêche aux leurres
Photo : Umair Ali Asad via Unsplash

Quels poissons pêcher au lac de guizengeard ?

Soyons honnêtes : les bassins les plus acides des anciennes carrières abritent peu de poissons, c’est d’ailleurs ce qui explique en partie la pureté de leur eau. En revanche, le secteur du sud Charente regorge de plans d’eau et d’étangs périphériques bien plus poissonneux, où l’on retrouve les carnassiers classiques de la région : le brochet, roi des herbiers, la perche, omniprésente dans les eaux charentaises, le sandre sur les zones plus profondes et le black-bass, qui se plaît particulièrement dans les étangs chauds et encombrés du secteur. Côté poissons blancs et espèces de fond, gardons, tanches, carpes et brèmes complètent le tableau et constituent le garde-manger des prédateurs.

Pour le brochet, nous privilégions ici les leurres souples type shad de 12 à 15 cm montés en texan le long des bordures végétalisées, et le spinnerbait quand les herbiers se densifient en été. La perche répond très bien au dropshot et aux petits crankbaits lancés sur les cassures sableuses, typiques de ces anciens sites d’extraction. Pour le sandre, la pêche en verticale au leurre souple sur les fosses profondes reste notre approche favorite en automne et en hiver. Quant au black-bass, c’est de mai à septembre qu’il offre le meilleur jeu : un montage Carolina avec une créature traînée sur les pentes sableuses, ou un leurre de surface au lever du jour, font souvent la différence.

L’environnement est aussi un précieux indicateur pour le pêcheur observateur. Les pinèdes et la lande à bruyères qui entourent les lacs de guizengeard abritent hérons, grèbes huppés et cormorans : leur présence sur un bassin trahit immanquablement la présence de poisson fourrage. Côté végétation, repérez les zones de nénuphars, les arbres tombés à l’eau et les bordures de joncs : ce sont les postes prioritaires pour prospecter au leurre, là où brochets et perches tendent leurs embuscades.

poissons et pêche au lac de guizengeard
Photo : Miikka Luotio via Unsplash

Comment accéder au lac

Le site se trouve sur la commune de Guizengeard, dans le sud de la Charente, à environ 45 minutes d’Angoulême et 1h15 de Bordeaux par la N10 (sortie Baignes-Sainte-Radegonde ou Chevanceaux selon votre sens d’arrivée). Des parkings aménagés sont disponibles à proximité des sentiers d’accès, tant côté Guizengeard que côté Touvérac. Comptez ensuite quelques centaines de mètres à pied à travers la pinède pour rejoindre les berges, ce qui impose de voyager léger : une canne, une boîte de leurres et un sac à dos suffisent. La mise à l’eau d’embarcations motorisées n’est pas prévue sur ce site naturel protégé ; pour la barque ou le float-tube, vérifiez la réglementation en vigueur, et rabattez-vous au besoin sur les étangs de pêche du secteur qui les autorisent. Aucun transport en commun ne dessert directement le site : la voiture reste indispensable.

Carte du lac

Météo et conditions de pêche

Le sud Charente bénéficie d’un climat océanique doux, avec des étés chauds et des hivers cléments. L’eau des plans d’eau du secteur descend rarement sous les 6-8 °C en hiver et grimpe facilement à 22-25 °C en plein été, ce qui conditionne fortement l’activité des carnassiers. Au printemps et en automne, les poissons chassent sur les bordures et toute la colonne d’eau est exploitable au leurre. En été, privilégiez les premières heures du jour et la tombée de la nuit, avec des leurres de surface et des animations rapides. Pour les conditions idéales, nous recherchons un léger vent d’ouest qui ride la surface et une pression atmosphérique stable ou en baisse douce : c’est souvent dans ces fenêtres que les attaques s’enchaînent. Un ciel couvert après plusieurs jours de beau temps est également un excellent signal pour sortir le matériel à brochet.

Que faire au lac de guizengeard ?

La pêche aux leurres dans le secteur reste évidemment notre activité numéro un, mais le site a bien d’autres atouts. Précisons-le clairement : la baignade est interdite dans les lacs bleus, malgré leur couleur tentante, en raison de l’acidité de l’eau et des berges instables. En revanche, le site se prête merveilleusement à la randonnée, à la photographie et au VTT, avec des sentiers balisés qui serpentent entre les bassins turquoise et la forêt de pins. Pour le paddle et le kayak, tournez-vous vers les bases de loisirs voisines du sud Charente, mieux équipées et autorisées.

Pour le pêcheur, chaque balade autour des lacs de guizengeard est une occasion de repérage. Depuis les berges surélevées, la clarté exceptionnelle de l’eau permet de lire le fond comme un livre ouvert : pentes sableuses, cassures abruptes héritées de l’extraction, plateaux peu profonds. Notez mentalement (ou sur votre application de cartographie) ces structures, car ce sont exactement les mêmes profils que vous retrouverez dans les étangs pêchables alentour. Une bordure qui plonge rapidement de 1 à 4 mètres est un poste à sandre en hiver ; un plateau de 1,5 mètre bordé de végétation est un boulevard à brochets au printemps.

activités au lac de guizengeard
Photo : Vitalii Khodzinskyi via Unsplash

Randonnée et repérage des postes autour du lac

Trois itinéraires nous semblent incontournables pour qui veut allier marche et lecture de l’eau. La boucle des lacs bleus de Guizengeard (environ 4 km, 1h15, facile) fait le tour des principaux bassins et offre plusieurs points de vue plongeants : idéal pour observer les cassures et comprendre la topographie d’une ancienne carrière. Le circuit Guizengeard-Touvérac (8 à 9 km, 2h30, facile à modéré) relie les deux sites d’anciennes carrières à travers la pinède et longe plusieurs étangs forestiers, parfaits pour repérer arbres immergés et herbiers de bordure. Enfin, pour les plus motivés, une grande boucle d’une douzaine de kilomètres (3h30, modérée) explore la lande environnante et passe à proximité de petits plans d’eau privés et associatifs. Notre conseil : emportez des lunettes polarisantes même en randonnée, elles transforment chaque point de vue en séance de repérage, et une canne télescopique légère ne pèse rien dans le sac.

Où dormir et où manger ?

Pour rayonner autour du site, plusieurs options s’offrent à vous. Les campings du secteur de Baignes-Sainte-Radegonde, Brossac et Montguyon accueillent volontiers les pêcheurs, certains étant installés directement au bord d’étangs où la pêche est possible, pratique pour une session matinale avant même le petit-déjeuner. Renseignez-vous sur place pour la pêche de la carpe de nuit, autorisée sur certains parcours fédéraux du sud Charente. Côté gîtes, les hameaux autour de Guizengeard et Touvérac proposent des locations au calme, souvent avec terrain pour faire sécher le float-tube et préparer le matériel. Pour se restaurer, direction Baignes, Brossac ou Chevanceaux, où l’on trouve restaurants de pays et plats charentais généreux ; les marchés hebdomadaires de Baignes et de Barbezieux sont parfaits pour faire le plein de produits locaux entre deux sessions au bord de l’eau.

FAQ – vos questions sur le lac de guizengeard

Quelle est la meilleure saison pour pêcher au lac de guizengeard ?

Le printemps et l’automne sont les périodes les plus productives dans les plans d’eau du secteur, avec des carnassiers actifs sur les bordures et toute la journée exploitable. En été, concentrez vos efforts sur les premières heures du jour et la tombée de la nuit, tandis que l’hiver se prête davantage aux pêches lentes et profondes pour le sandre et la perche.

Peut-on utiliser une barque ou un float-tube ?

Les anciens bassins de kaolin sont situés dans un Espace Naturel Sensible où la mise à l’eau d’embarcations est en principe interdite ou strictement encadrée. Pour pêcher en float-tube ou en barque, tournez-vous vers les étangs et plans d’eau fédéraux du sud Charente qui les autorisent, après vérification du règlement auprès de l’AAPPMA locale.

Peut-on y pêcher la truite ?

La truite n’est pas une espèce caractéristique des lacs de guizengeard ni des étangs voisins, plus adaptés aux carnassiers d’eau calme comme le brochet, la perche et le black-bass. Pour traquer la truite aux leurres dans la région, privilégiez les parcours de première catégorie ou les étangs de pêcherie déversés, en respectant les dates d’ouverture officielles.

Quelle technique privilégier pour le sandre en lac ?

La pêche en verticale au leurre souple est redoutable sur les fosses profondes, surtout de l’automne à la fin de l’hiver lorsque les sandres se regroupent sur les cassures. Depuis le bord, le linéaire lent avec un shad de 10 cm plombé entre 7 et 14 grammes, ramené au ras du fond, reste la valeur sûre sur ce type de plan d’eau.

Comment pêcher la perche aux leurres souples ?

Le dropshot avec un petit finess de 5 à 7 cm est la technique reine pour décider les perches méfiantes des eaux claires, en insistant sur les cassures et les structures immergées. Vous pouvez aussi alterner avec une tête plombée légère animée en dents de scie, ou un petit crankbait lorsque les perches chassent activement en bordure.

Un échosondeur est-il utile sur ce plan d eau ?

Sur les bassins d’anciennes carrières, la clarté de l’eau permet déjà de lire une bonne partie de la topographie à l’œil nu, surtout avec des lunettes polarisantes. Un échosondeur portable reste néanmoins précieux sur les étangs pêchables du secteur pour localiser les fosses, les cassures et les boules de poisson fourrage, et ainsi gagner un temps considérable dans la recherche des carnassiers.

Retour en haut