Silhouette massive tapie au fond des fosses, gueule immense hérissée de longs barbillons : le silure est aujourd’hui le plus grand poisson d’eau douce de nos rivières et le géant incontesté de la pêche des carnassiers. Connu aussi sous les noms de silure glane, de « glane » ou familièrement de « moustachu », ce prédateur d’origine centre-européenne (Silurus glanis) fascine autant le naturaliste que le pêcheur, qui voit en lui l’adversaire le plus puissant de nos eaux douces.
Dans cette fiche, nous passons en revue tout ce qu’il faut savoir sur ce poisson : sa morphologie, son habitat, son régime alimentaire, son cycle de reproduction, la réglementation qui l’encadre, et bien sûr nos techniques et nos leurres favoris pour le traquer. De quoi mieux comprendre l’espèce avant de partir à sa rencontre.
Notre article en résumé
Le silure affiche un corps massif et allongé, dépourvu d’écailles, recouvert d’une peau lisse et visqueuse aux reflets brun-verdâtre marbrés, tandis que son ventre vire au blanc crème. Sa tête large et aplatie s’ouvre sur une gueule démesurée, capable d’aspirer des proies volumineuses. Ses petits yeux trahissent un poisson qui se fie davantage à ses autres sens qu’à sa vue.
Le trait le plus caractéristique reste ses six barbillons : deux longs, très mobiles, plantés sur la mâchoire supérieure, et quatre plus courts sous la mâchoire inférieure. Véritables capteurs chimiques et tactiles, ils lui permettent de localiser ses proies dans l’obscurité et les eaux troubles. Sa gueule ne porte pas de dents tranchantes comme celle du brochet, mais des rangées de dents fines, en velours, disposées comme du papier de verre pour verrouiller la prise.
Un silure adulte mesure couramment entre 1 et 2 m pour 10 à 40 kg. Les grands spécimens dépassent 2,50 m et peuvent frôler les 2,80 m pour plus de 100 kg, ce qui en fait le plus grand poisson d’eau douce d’Europe. Voici les repères biométriques de l’espèce :
| Caractéristique | Repère |
|---|---|
| Taille moyenne | 1 à 2 m |
| Taille maximale | plus de 2,70 m |
| Poids moyen | 10 à 40 kg |
| Poids maximal | plus de 100 kg (jusqu’à 130 kg) |
| Longévité | 20 à 30 ans, parfois davantage |
| Maturité sexuelle | 3 à 5 ans |
Le silure affectionne les eaux calmes, chaudes et profondes : grands fleuves, rivières de plaine lentes, canaux, mais aussi retenues et grands lacs de barrage. Il recherche les fosses, les mouilles au pied des berges, les zones de transition et les embouchures, où il tient poste à l’affût le jour avant de partir en chasse à la tombée de la nuit. C’est un poisson de structures profondes, fidèle à ses postes, que le pêcheur repère souvent au sondeur.
Originaire d’Europe centrale et orientale, notamment du bassin du Danube, l’espèce a été introduite puis s’est largement répandue en France à partir des années 1970. On la rencontre aujourd’hui dans la quasi-totalité des grands bassins, du Rhône à la Saône, de la Seine à la Loire, de la Garonne au Tarn. De nombreux grands lacs de barrage, comme le lac de Vassivière, abritent aussi de belles populations de carnassiers où le silure trouve à la fois nourriture abondante et fosses profondes pour se tenir.
Le silure est un prédateur carnassier et profondément opportuniste. Son régime repose essentiellement sur les poissons, mais sa taille et son mode de chasse par aspiration lui ouvrent un menu très large :
Sa technique de chasse est spectaculaire : embusqué, il ouvre brusquement sa gueule démesurée et crée une dépression qui aspire la proie en une fraction de seconde. Ce poisson chasse surtout la nuit et au crépuscule, guidé par ses barbillons et sa ligne latérale plutôt que par sa vue, ce qui explique son activité marquée dans les eaux troubles et par temps couvert.
La reproduction du silure intervient tard dans la saison, en plein cœur de l’été, quand l’eau est bien réchauffée. Le mâle aménage un nid sommaire dans la végétation des zones peu profondes, où la femelle dépose ses œufs. Fait remarquable, le mâle veille ensuite sur la ponte et oxygène les œufs jusqu’à l’éclosion, un comportement de garde parentale rare chez nos poissons d’eau douce. Les alevins éclosent en quelques jours et grandissent vite.
| Paramètre | Donnée |
|---|---|
| Période de fraie | mai à juillet |
| Température de fraie | 20 à 24 °C |
| Nombre d’œufs | environ 30 000 par kg de femelle |
| Support de ponte | nid végétal en zone peu profonde, gardé par le mâle |
| Éclosion | 3 à 10 jours selon la température |
Contrairement au brochet, le silure ne fait l’objet d’aucune taille légale minimale ni d’aucun quota au niveau national, et sa pêche n’est pas soumise à une période de fermeture spécifique : en deuxième catégorie, on peut le traquer toute l’année. Espèce introduite et non protégée, il reste toutefois encadré par les règles générales de la pêche et par des dispositions locales qui peuvent varier fortement d’un département à l’autre.
Le décret n° 2026-464 du 8 juin 2026 a inscrit le silure sur la liste des espèces susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques sur les bassins Loire-Bretagne et Adour-Garonne. Concrètement, sur ces bassins, tout silure destiné à être relâché doit l’être immédiatement après sa capture, sans passage par bourriche, vivier ou sac de conservation, et il est interdit de transporter un silure vivant en vue de l’introduire ailleurs, sous peine d’une amende pouvant atteindre 9 000 €. Attention : ces règles évoluent et sont modulables par arrêté préfectoral. Nous vous invitons à toujours vérifier l’arrêté de votre département et le règlement de votre AAPPMA avant de pêcher.
La pêche du silure se décline en plusieurs approches complémentaires : aux leurres en prospection active, au vif posé ou sous une bouée, et au clonk en dérive au-dessus des fosses. La règle d’or reste de voir grand, car un gros silure ne se déplace pas pour une bouchée. Voici comment nous organisons notre approche selon la couche d’eau :
| Couche d’eau | Leurres et montages de prédilection | Saison idéale |
|---|---|---|
| Surface | gros popper à hélice (River2Sea Whopper Plopper 190) | été, nuit |
| Entre deux eaux | gros shad sur tête plombée (Fox Rage Pro Grub 23 cm, Illex Dexter Shad 175) | toute saison |
| Profond / fosses | clonk teaser (Madcat), leurre souple lourdement plombé, pêche au vif décollée du fond | printemps, été |
Côté matériel, il faut du costaud : une canne casting puissante de 100 à 200 g, un moulinet casting robuste capable d’encaisser les rushs, une tresse épaisse de 50 à 130 lb et un bas de ligne en fluorocarbone de gros diamètre. Nous ciblons en priorité les fosses, les mouilles de berge et les zones d’aspiration repérées au sondeur, en variant l’animation jusqu’à trouver le déclencheur du jour.
Pour découvrir une technique emblématique du silure, voici une vidéo consacrée à la pêche au clonk teaser :
Pêcher le silure au leurre demande des modèles volumineux et vibrants, capables de déplacer beaucoup d’eau pour se faire repérer par la ligne latérale du poisson. Pour approfondir, retrouvez nos sélections détaillées :
Parmi les captures les plus citées, un silure de 2,85 m pris par Alessandro Biancardi dans le Pô, en Italie, en 2023, figure comme l’un des plus grands spécimens de Silurus glanis jamais mesurés en eau publique. En France, il n’existe pas d’organisme officiel unique d’homologation des records d’eau douce ; les prises régulièrement évoquées incluent un silure de 2,73 m capturé dans le Rhône en 2015 et un poisson d’environ 2,79 m annoncé dans le Tarn en 2025. Ces chiffres, souvent estimés au bord de l’eau, sont à prendre avec prudence. Autre curiosité : les silures de certains cours d’eau se sont mis à s’échouer volontairement sur les berges pour capturer des pigeons, un comportement de chasse étudié par les scientifiques.
Superprédateur au sommet de la chaîne alimentaire, le silure joue un rôle de régulateur en prélevant poissons affaiblis, malades et espèces surabondantes. Poisson introduit et naturalisé, sa présence fait toutefois débat : longtemps accusé de déséquilibrer les milieux, il n’est pas classé espèce exotique envahissante au sens européen, mais a été inscrit depuis 2026 parmi les espèces susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques sur deux grands bassins.
En tant que pêcheurs responsables, nous avons un rôle à jouer : respecter la réglementation locale, ne jamais transporter ni introduire un silure vivant dans un autre cours d’eau, et manipuler les poissons relâchés avec soin. Que l’on défende le no-kill sur les grands spécimens ou que l’on prélève dans le cadre autorisé, c’est une pratique éclairée qui garantira l’équilibre de nos eaux pour les générations futures.
Un silure adulte mesure couramment de 1 à 2 m. Les grands spécimens dépassent 2,50 m et peuvent approcher 2,80 m pour un poids supérieur à 100 kg, ce qui en fait le plus grand poisson d’eau douce d’Europe.
Les gros leurres souples sur tête plombée, les swimbaits volumineux et les leurres de surface à hélice sont parmi les plus efficaces aux leurres. La pêche au vif et la pêche au clonk en dérive au-dessus des fosses complètent l’arsenal. Privilégiez toujours des montages robustes.
La fraie se déroule en été, de mai à juillet, lorsque l’eau atteint 20 à 24 °C. Le mâle aménage un nid en zone peu profonde et veille sur les œufs jusqu’à l’éclosion, qui survient en quelques jours.
Il n’existe ni taille légale minimale ni quota au niveau national, et aucune période de fermeture spécifique. Des dispositions locales s’appliquent toutefois, notamment le décret de 2026 sur les bassins Loire-Bretagne et Adour-Garonne. Vérifiez toujours l’arrêté préfectoral de votre département.
Le silure n’est pas dangereux pour l’humain : sa gueule ne porte que des dents fines en velours. Sur le plan écologique, son impact fait débat ; il n’est pas classé espèce exotique envahissante au sens européen, mais il est encadré sur certains bassins depuis 2026. Le transport et l’introduction d’individus vivants sont interdits.
La belle saison, du printemps à la fin de l’été, offre les meilleures conditions : le silure est alors très actif, en particulier à la tombée de la nuit et par eau chaude. Les journées orageuses et les eaux légèrement teintées déclenchent souvent de belles chasses.
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