
Niché au cœur du massif des Vosges, le lac de gérardmer est le plus grand lac naturel de la région Grand Est. D’origine glaciaire, ce joyau vosgien surnommé « la Perle des Vosges » s’étend au pied de la ville du même nom, entouré de forêts de sapins et de pentes granitiques qui plongent directement dans une eau profonde et oxygénée. Pour nous, pêcheurs aux leurres, ce décor de carte postale cache surtout un terrain de jeu exceptionnel pour traquer brochets, perches et truites lacustres.
Dans cet article, nous vous partageons tout ce qu’il faut savoir pour réussir votre session sur ce plan d’eau : son histoire et ses caractéristiques techniques, les espèces présentes et les techniques aux leurres qui fonctionnent, les accès, la météo, les meilleurs postes à repérer en faisant le tour du lac de gerardmer, et même où dormir pour enchaîner les sessions du matin et du soir. Suivez le guide !
Histoire et caractéristiques du lac de gérardmer
Contrairement à de nombreux plans d’eau français, le lac de gerardmer n’est pas un lac de barrage : il s’agit d’un lac naturel d’origine glaciaire, formé il y a environ 10 000 ans lors du retrait du glacier de la Vologne qui a creusé la vallée et déposé une moraine faisant office de verrou naturel. Avec ses 115,5 hectares de superficie, ses 2,2 km de longueur pour environ 750 mètres de largeur, il s’agit du plus grand lac naturel des Vosges et de Lorraine. Perché à 660 mètres d’altitude, il affiche une profondeur maximale d’environ 38 mètres et un volume avoisinant les 19,5 millions de mètres cubes. Cette profondeur importante, combinée à des berges aux pentes variées (douces côté ville, abruptes côté forêt), crée une diversité de postes remarquable pour la pêche aux leurres : cassures marquées, plateaux, herbiers en bordure et zones profondes où les carnassiers se replient en été comme en hiver. Le lac est alimenté par plusieurs ruisseaux de montagne et se déverse dans la Jamagne, ce qui garantit une eau fraîche et bien oxygénée toute l’année, idéale pour les salmonidés comme pour les percidés.

Quels poissons pêcher au lac de gérardmer ?
La population piscicole est riche et typique des grands lacs de montagne. Le brochet est le carnassier roi sur place, avec de très beaux spécimens dépassant régulièrement le mètre, embusqués le long des herbiers et des cassures. La perche est omniprésente et offre des chasses spectaculaires en été, avec des bancs compacts qui rabattent le blanc en surface. Le sandre est également présent, plus discret, fidèle aux zones profondes et aux fonds durs. Côté salmonidés, le lac abrite des truites, notamment de belles truites lacustres qui croisent en pleine eau, ainsi que de l’omble. Les poissons blancs (gardons, rotengles, brèmes, tanches) constituent un garde-manger abondant qui explique la belle croissance des carnassiers, et quelques carpes fréquentent les zones les moins profondes.
Pour le brochet, nous privilégions les gros soft lures type shad de 12 à 20 cm en linéaire le long des cassures au printemps et à l’automne, ainsi que le chatterbait qui excelle pour peigner les bordures d’herbiers en eau légèrement teintée. En été, quand les becs descendent sur les cassures profondes, le swimbait pêché lentement et la verticale font la différence. Pour la perche, le dropshot et les petits crankbaits sont redoutables autour des structures (pontons, arbres immergés, enrochements), tandis que les chasses estivales se travaillent au petit jerkbait ou à la lame vibrante. Le sandre se prend essentiellement en verticale ou au leurre souple gratté sur le fond entre 8 et 20 mètres, tôt le matin ou en fin de journée. Quant à la truite lacustre, la pêche à la traîne légère ou au lancer avec des cuillers ondulantes et des poissons nageurs longilignes donne de beaux résultats au printemps : consultez notre sélection du best trout lure pour bien vous équiper avant de venir.
Observer la nature autour du lac est aussi un excellent moyen de localiser le poisson. Les hérons cendrés et les grèbes huppés qui pêchent activement trahissent la présence de bancs de blancs, donc de carnassiers à proximité. Côté végétation, les ceintures de roseaux et les herbiers de potamots en bordure nord et ouest sont des postes à brochet évidents au printemps, tandis que les nénuphars des zones calmes abritent perches et petits becs. Les sapins tombés à l’eau le long des berges forestières constituent des spots de premier choix à prospecter méthodiquement au leurre souple non plombé ou faiblement plombé.

Comment accéder au lac
L’accès est très simple : le plan d’eau borde directement la ville de Gérardmer, accessible par la D417 depuis Épinal (environ 40 minutes) ou depuis Colmar via le col de la Schlucht (environ 50 minutes). Plusieurs parkings gratuits et payants jalonnent la rive est, côté ville, notamment près de la plage et du boulevard de la Jamagne ; pour les sessions matinales, le parking de Ramberchamp au sud-ouest est notre préféré, plus calme et proche de belles bordures. La mise à l’eau des embarcations est possible via la cale dédiée, mais attention : les moteurs thermiques sont interdits sur le lac, seuls les moteurs électriques sont autorisés, ce qui en fait un spot parfait pour la barque équipée d’un électrique avant ou le float-tube. Le float-tube et le kayak se mettent à l’eau facilement depuis plusieurs points de la rive ouest. Pour ceux qui viennent sans voiture, des lignes de bus régionales desservent Gérardmer depuis la gare de Remiremont, puis le lac se rejoint à pied en quelques minutes depuis le centre-ville.
Carte du lac
Météo et conditions de pêche
Le climat montagnard des Hautes-Vosges impose son rythme à la pêche. L’hiver est rude, avec des températures d’eau qui descendent sous les 5°C et un lac qui peut partiellement geler : les carnassiers se concentrent alors sur les fosses profondes. Au printemps, l’eau remonte progressivement de 8 à 15°C et c’est la meilleure période pour le brochet en bordure et la truite lacustre en pleine eau. L’été voit l’eau de surface atteindre 20-22°C, ce qui pousse becs et sandres vers la thermocline, entre 6 et 12 mètres : la verticale et les leurres plongeants deviennent indispensables. L’automne est notre saison favorite ici : les poissons remontent sur les plateaux pour se gaver avant l’hiver. Côté conditions, un léger vent d’ouest qui ride la surface et une pression stable ou en baisse douce sont les meilleurs signaux pour sortir les leurres ; méfiez-vous des coups de soleil plombants après un front froid, classiques en montagne, qui scotchent souvent le poisson au fond.
Que faire au lac de gérardmer ?
La pêche aux leurres reste évidemment notre activité numéro un, et la diversité des techniques praticables (linéaire du bord, verticale en barque, dropshot en float-tube, traîne légère pour la truite) permet d’y passer des journées entières sans s’ennuyer. Mais le site est aussi une destination familiale complète : baignade surveillée en été sur la plage de Ramberchamp, location de pédalos, paddle, kayak et barques, base nautique, et de superbes itinéraires VTT dans les forêts environnantes. C’est l’endroit idéal pour combiner vacances en famille et sessions pêche à l’aube, pendant que tout le monde dort encore.
Côté postes, plusieurs zones méritent votre attention. Depuis le bord, la rive ouest, plus sauvage et boisée, offre des bordures encombrées d’arbres immergés parfaites pour le brochet et la perche au leurre souple. La sortie de la Jamagne et les arrivées des ruisseaux concentrent le poisson fourrage, donc les carnassiers, surtout au printemps. En barque ou float-tube, repérez au sondeur les cassures de la moitié sud où le fond plonge rapidement vers 20-30 mètres : c’est là que se tiennent sandres et gros brochets en été. Les pontons et structures de la rive est, côté ville, sont des spots à perches classiques mais terriblement efficaces tôt le matin.

Randonnée et repérage des postes autour du lac
Le tour du lac de gerardmer est une boucle incontournable d’environ 6,5 km, plate et accessible à tous en 1h30 de marche tranquille : pour nous, c’est avant tout une session de repérage idéale, polarisantes sur le nez, pour localiser herbiers, arbres immergés, plages de gravier et départs de cassure visibles depuis la berge. Faites-le de préférence par lumière rasante du matin, quand les chasses de perches trahissent les zones actives. Pour prendre de la hauteur, la montée à l’observatoire de Merelle (environ 4 km aller-retour, 1h30, dénivelé modéré) offre une vue plongeante exceptionnelle qui révèle les variations de profondeur et la position des plateaux : une vraie carte bathymétrique naturelle. Enfin, les plus sportifs enchaîneront la boucle du tour des lacs reliant Gérardmer à Longemer et Retournemer (environ 15 km, 4 à 5 heures, difficulté moyenne), parfaite pour repérer en une journée les postes de trois plans d’eau vosgiens et planifier vos prochaines sorties.
Où dormir et où manger ?
Pour dormir au plus près de l’eau, le camping de Ramberchamp est imbattable : situé en bordure directe de la rive sud-ouest, il permet d’être à la canne en cinq minutes pour le coup du matin, et plusieurs emplacements offrent quasiment les pieds dans l’eau. La ville propose également de nombreux gîtes, chalets et hôtels pour tous les budgets, des locations typiquement vosgiennes en bois aux établissements avec spa pour récupérer après une journée de float-tube. Côté restauration, les fermes-auberges des hauteurs servent le fameux repas marcaire (tofailles, collet fumé, munster, tarte aux myrtilles), parfait pour reprendre des forces, et les restaurants du bord du lac permettent de manger avec vue sur vos spots. Ne manquez pas le marché de Gérardmer, le jeudi et le samedi matin, pour faire le plein de produits locaux entre deux sessions : munster fermier, miel de sapin et charcuteries vosgiennes garniront idéalement la glacière du pêcheur.
FAQ – vos questions sur le lac de gérardmer
Quels leurres utiliser pour le brochet ?
Les gros leurres souples de type shad (12 à 20 cm) en linéaire le long des cassures et le chatterbait pour peigner les bordures d’herbiers sont nos valeurs sûres ici. En été, quand les brochets descendent sur les zones profondes, passez au swimbait pêché lentement ou à la verticale au-dessus de la thermocline, et n’oubliez pas une canne casting puissante pour brider les gros sujets.
Le lac convient-il à une sortie pêche en famille ?
Absolument, c’est même l’une des meilleures destinations familiales des Vosges : plage surveillée, locations de pédalos et paddles, sentier plat pour faire le tour du lac et tous les commerces à proximité immédiate. Les berges accessibles et les perches abondantes permettent d’initier facilement les enfants à la pêche aux leurres légers, au dropshot ou à la petite cuiller depuis les pontons.
Quels sont les meilleurs spots du lac de gérardmer ?
La rive ouest boisée, avec ses arbres immergés et ses bordures encombrées, est excellente pour le brochet et la perche depuis le bord ou en float-tube. En embarcation, concentrez-vous sur les cassures de la moitié sud qui plongent vers les grandes profondeurs, ainsi que sur les arrivées de ruisseaux et la sortie de la Jamagne, qui concentrent le poisson fourrage au printemps.
Quelle technique privilégier pour le sandre en lac ?
La pêche en verticale au leurre souple est la technique reine pour le sandre en lac profond : un shad ou un finess de 10 à 12 cm animé lentement au ras du fond, entre 8 et 20 mètres, en suivant les cassures au sondeur. Le linéaire gratté avec des pauses marquées fonctionne aussi très bien tôt le matin et en fin de journée, quand les sandres remontent sur les plateaux pour chasser.
Y a-t-il du sandre au lac de gérardmer ?
Oui, le sandre est bien présent, même s’il reste plus discret que le brochet ou la perche. Il fréquente principalement les zones profondes et les fonds durs de la moitié sud du plan d’eau : un sondeur et une approche en verticale ou au leurre souple gratté augmentent considérablement vos chances de le localiser.
Peut-on y pêcher la truite ?
Oui, le lac abrite des truites, dont de belles truites lacustres qui croisent en pleine eau, particulièrement actives au printemps. La traîne légère avec moteur électrique, les cuillers ondulantes et les poissons nageurs longilignes sont les approches les plus efficaces ; pensez à vérifier les dates d’ouverture et la réglementation salmonidés en vigueur auprès de l’AAPPMA locale avant votre venue.




