Niché au cœur de la Bretagne intérieure, à cheval entre les Côtes-d’Armor et le Morbihan, le lac de Guerlédan est tout simplement le plus grand lac de Bretagne. Pour nous, pêcheurs aux leurres, ce plan d’eau est une destination incontournable : ses eaux profondes, ses bras noyés, ses falaises immergées et ses anciennes structures englouties en font un terrain de jeu exceptionnel pour traquer le brochet, le sandre et la perche.
Dans cet article, nous partageons avec vous tout ce qu’il faut savoir avant de partir pêcher sur le lac de Guerlédan : son histoire, les espèces présentes, les techniques qui fonctionnent, les accès, la météo, mais aussi où dormir, notamment si vous cherchez un camping au lac de Guerlédan pour prolonger votre session. Suivez le guide, cannes en main !
Le lac de Guerlédan est un lac artificiel né de la construction du barrage hydroélectrique de Guerlédan sur le Blavet, achevé en 1930. Avec ses 400 hectares de superficie, ses 12 kilomètres de long et une profondeur maximale d’environ 40 à 45 mètres près du barrage, il retient près de 51 millions de mètres cubes d’eau à une altitude d’environ 120 mètres. La mise en eau a englouti une partie de l’ancien canal de Nantes à Brest, dont les écluses et maisons éclusières reposent toujours au fond. Pour nous, ces vestiges sont une mine d’or : ils constituent autant de structures où les carnassiers aiment se poster. Lors des assecs décennaux (le dernier en 2015), le lac révèle un relief tourmenté de vallées noyées, de cassures et de plateaux que tout pêcheur aux leurres devrait étudier sur les cartes bathymétriques avant sa session.
Le peuplement piscicole de Guerlédan est riche et varié, avec une belle densité de carnassiers. Le brochet est le roi des lieux, avec des spécimens dépassant régulièrement le mètre dans les bras noyés et le long des tombants boisés. Le sandre est bien présent, profitant des grandes profondeurs et des fonds rocheux, tandis que la perche pullule littéralement, offrant des chasses spectaculaires en été. On y croise également quelques truites dévalant du Blavet, ainsi que des poissons blancs en abondance : gardons, brèmes, carpes et tanches qui constituent le garde-manger des prédateurs. Le silure reste anecdotique ici, et le black-bass n’est pas implanté.
Côté techniques, nous adaptons notre approche à chaque espèce. Pour le brochet, les gros leurres souples shad de 15 à 20 cm en linéaire le long des cassures font des merveilles au printemps et à l’automne, tout comme le jerkbait suspending travaillé en twitchs dans les zones de bordure. Le spinnerbait et le chatterbait sont redoutables près des arbres immergés, et si vous débutez sur cette espèce, notre guide pour learn how to fish for pike vous donnera toutes les bases. Pour le sandre, la pêche en verticale au leurre souple finesse sur les fosses de 10 à 25 mètres est la technique reine, surtout d’octobre à février. Les perches, elles, répondent parfaitement au dropshot sur les tombants, au petit crankbait en prospection rapide et aux chasses de surface en été. Un sondeur est presque indispensable sur ce plan d’eau pour localiser les bancs de fourrage et les ruptures de pente.
L’observation de la nature est notre meilleure alliée sur place. Les grèbes huppés, cormorans et hérons concentrés sur une zone trahissent presque toujours la présence de poisson fourrage, donc de carnassiers à proximité. Côté végétation, les bordures de chênes et de hêtres dont les branches plongent dans l’eau créent des caches à brochets de premier ordre, tandis que les rares herbiers des queues de lac abritent perches et brochetons. Repérez aussi les ajoncs et les fougères en bordure : ils signalent souvent des pentes douces propices aux pêches de bordure au leurre souple.
Le lac est facilement accessible en voiture via la N164 (axe Rennes–Châteaulin), avec des sorties à Mûr-de-Bretagne (Guerlédan) côté nord et Saint-Aignan côté barrage. Plusieurs parkings gratuits jalonnent les rives : la plage de Beau Rivage à Caurel, l’anse de Sordan à Saint-Aignan, le rond-point du lac à Mûr-de-Bretagne et l’abbaye de Bon-Repos à l’ouest. Pour la mise à l’eau d’une barque ou d’un bateau, les cales de Beau Rivage et de l’anse de Sordan sont les plus pratiques ; attention, la navigation à moteur thermique est réglementée par zones, renseignez-vous avant de partir. Le float-tube et le kayak sont d’excellentes options ici pour atteindre les bras noyés inaccessibles du bord. En transports en commun, comptez sur les lignes de car BreizhGo depuis Pontivy ou Loudéac, mais soyons honnêtes : la voiture reste de loin la solution la plus pratique pour un pêcheur chargé de matériel.
Le climat océanique breton offre des hivers doux et des étés tempérés, ce qui permet de pêcher quasiment toute l’année. L’eau oscille entre 6 et 8 °C en hiver, monte autour de 12-15 °C au printemps, atteint 20-23 °C en plein été en surface (avec une thermocline marquée vu la profondeur) et redescend progressivement à l’automne, période magique pour le brochet. Pour la pêche aux leurres, nous privilégions les journées de vent d’ouest modéré qui ridenT la surface et oxygènent les bordures : les carnassiers y sont nettement plus actifs. Une pression atmosphérique stable ou en légère baisse, un ciel couvert et une petite pluie fine font partie des meilleures conditions sur ce plan d’eau. Méfiez-vous en revanche des coups de vent violents qui rendent la navigation en float-tube dangereuse sur un lac aussi long.
La pêche aux leurres est évidemment notre activité numéro un, mais le lac de Guerlédan est aussi une destination familiale complète. La plage surveillée de Beau Rivage permet la baignade en été, et les bases nautiques proposent paddle, kayak, voile et même téléski nautique. Les vététistes profitent de sentiers techniques autour du lac, et les amateurs de patrimoine visiteront l’abbaye de Bon-Repos ou les Forges des Salles. C’est l’endroit idéal pour combiner sessions de pêche au lever du jour et activités en famille l’après-midi.
Pour le repérage des postes, plusieurs secteurs méritent votre attention. Depuis le bord, l’anse de Sordan et ses pointes rocheuses, les abords de Bon-Repos en queue de lac et les bordures boisées de Caurel offrent de belles fenêtres de lancer pour le jerkbait et le leurre souple. En barque ou en float-tube, concentrez-vous sur les bras noyés (Poulancre, Daoulas), les cassures de l’ancien lit du Blavet et les zones d’arbres immergés visibles à l’étiage : c’est là que se tiennent les plus beaux brochets, et que la verticale au sandre prend tout son sens dans les fosses adjacentes.
Marcher autour du lac est selon nous le meilleur moyen de repérer ses futurs postes. Le tour complet du lac de Guerlédan représente une boucle d’environ 40 à 45 km (2 jours de marche, difficulté moyenne à soutenue) : idéal pour cartographier mentalement toutes les anses, pointes et arrivées d’eau. Plus accessible, la boucle de l’anse de Sordan (environ 8 km, 2h30, facile) longe des bordures rocheuses parfaites pour le brochet et permet d’observer les zones de chasse de perches en été. Enfin, le circuit de Bon-Repos au barrage par les gorges du Daoulas (environ 12 km, 3h30, moyen) offre des points de vue en hauteur exceptionnels : par eau claire, on distingue les tombants, les plateaux et parfois même les poissons en maraude. Prenez des photos et notez vos observations, elles vaudront de l’or lors de votre prochaine session aux leurres.
Pour dormir au plus près de l’eau, le camping au lac de Guerlédan est la formule que nous recommandons : le camping de Beau Rivage à Caurel et celui de l’anse de Sordan à Saint-Aignan permettent d’être sur les berges en quelques minutes au lever du jour, le moment le plus productif pour les leurres. Attention toutefois, la pêche de nuit des carnassiers n’est pas autorisée ; seule la carpe de nuit est possible sur certains secteurs définis par arrêté préfectoral. Côté gîtes et chambres d’hôtes, Mûr-de-Bretagne, Saint-Aignan et Caurel offrent un large choix adapté aux pêcheurs, certains hébergeurs acceptant même de stocker barques et float-tubes. Pour manger, les restaurants et crêperies de Beau Rivage et de l’anse de Sordan régalent avec vue sur l’eau, et les marchés de Mûr-de-Bretagne et de Pontivy permettent de faire le plein de produits bretons entre deux sessions.
Sur Guerlédan, nous pêchons la perche avec des leurres souples de 5 à 8 cm montés en dropshot sur les tombants rocheux, ou en tête plombée légère animée en dents de scie le long des cassures. En été, surveillez les chasses en surface : un petit shad ramené rapidement dans la boule de fourrage déclenche des attaques immédiates, et un petit crankbait en prospection fonctionne aussi très bien.
Oui, le sandre est bien implanté sur le lac de Guerlédan et profite des grandes profondeurs et des structures englouties de l’ancien canal. La pêche en verticale au leurre souple finesse sur les fosses de 10 à 25 mètres est la technique la plus efficace, particulièrement d’octobre à la fermeture des carnassiers.
La pêche des carnassiers de nuit n’est pas autorisée : la pêche se pratique de demi-heure avant le lever du soleil à demi-heure après son coucher. Seule la pêche de la carpe de nuit est possible sur certains parcours définis par arrêté préfectoral, renseignez-vous auprès des AAPPMA locales avant votre session.
Oui, la pêche à la mouche au streamer est tout à fait praticable, notamment en float-tube ou en barque le long des bordures boisées. Les gros streamers fonctionnent bien sur le brochet au printemps et à l’automne, tandis que des modèles plus petits prennent régulièrement perches et brochetons dans les anses peu profondes.
Oui, le lac est classé en 2ème catégorie piscicole et certaines zones sont réglementées, notamment aux abords du barrage où la pêche et la navigation sont interdites pour des raisons de sécurité. Le lac étant à cheval sur deux départements, vérifiez les arrêtés préfectoraux des Côtes-d’Armor et du Morbihan ainsi que les réciprocités de votre carte de pêche avant de mouiller un leurre.
Non, le black-bass n’est pas implanté sur ce plan d’eau, les eaux bretonnes étant globalement trop fraîches pour permettre sa reproduction durable. Mais ne soyez pas déçus : les densités de perches et de brochets compensent largement, et les techniques typées bass comme le dropshot ou le chatterbait y font des ravages sur les percidés et les ésocidés locaux.
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