Perché à plus de 800 mètres d’altitude sur le plateau du Lévézou, en plein cœur de l’Aveyron, le lac de Pareloup fait partie de ces destinations que nous recommandons les yeux fermés à tous les passionnés de pêche aux leurres. Cinquième plus grand lac artificiel de France, ce géant de 1 260 hectares offre un terrain de jeu exceptionnel pour traquer le brochet, le sandre et la perche, avec des profils de postes d’une variété rare : pointes rocheuses, plateaux, herbiers, bois noyés et fosses profondes.
Dans cet article, nous vous partageons tout ce qu’il faut savoir avant de monter une expédition sur place : l’histoire du barrage, les espèces présentes et les techniques qui fonctionnent, les accès et mises à l’eau, la météo, les sentiers pour repérer les postes, et bien sûr les options d’hébergement, du camping au lac de Pareloup jusqu’aux gîtes en passant par les bonnes tables du Lévézou. Suivez le guide, canne en main.
Le lac de Pareloup est un lac de barrage hydroélectrique mis en eau en 1951 par EDF, sur le cours du Vioulou. Il fait partie du vaste complexe hydroélectrique du Lévézou, qui comprend également les lacs de Pont-de-Salars, Bage et Villefranche-de-Panat, tous reliés entre eux par des conduites et des galeries souterraines alimentant la centrale du Pouget. Côté chiffres, ce plan d’eau impressionne : environ 1 260 hectares de superficie, 168 millions de mètres cubes d’eau, plus de 120 kilomètres de rives découpées et une profondeur maximale avoisinant les 37 mètres au niveau du barrage. Situé à 805 mètres d’altitude, le lac présente un caractère presque montagnard : eaux fraîches, marnage parfois marqué en fin de saison, et une stratification thermique estivale qui conditionne directement la position des carnassiers. Pour nous, pêcheurs aux leurres, ce profil est une bénédiction : la diversité des structures immergées (anciennes routes, murets, arbres noyés, cassures abruptes) crée une infinité de postes à explorer, du bord comme en bateau.
Le cheptel piscicole est l’un des plus riches d’Occitanie. Le pike y est roi : des sujets dépassant le mètre sont capturés chaque année, profitant des vastes herbiers et de la population de fourrage (gardons, ablettes, perchettes). Le sandre est également très bien représenté, avec de belles densités sur les cassures et les plateaux entre 5 et 15 mètres. La perche pullule, des bancs de petites chasseuses jusqu’aux grosses zébrées solitaires de plus de 40 cm. On note aussi la présence ponctuelle de black-bass dans certaines anses chaudes et peu profondes, sans que la population soit comparable à celle des lacs du sud. Côté poissons blancs et de fond, gardons, brèmes, tanches et carpes complètent le tableau et entretiennent une chaîne alimentaire généreuse pour les carnassiers.
En matière de techniques, voici ce qui fonctionne pour nous ici. Pour le brochet, le soft lure de 12 à 20 cm monté en linéaire ou en weightless dans les herbiers fait des merveilles au printemps et en automne, tandis que les gros crankbaits et spinnerbaits permettent de peigner rapidement les bordures en début de saison. Pour le sandre, la pêche en verticale au leurre souple finesse de 8 à 12 cm est redoutable de juin à novembre sur les fosses et les ruptures de pente ; le dropshot prend le relais quand les poissons sont tatillons. Les perches répondent parfaitement aux petits crankbaits, aux micro-leurres souples et aux jigs métalliques sous les chasses estivales. Les postes clés à mémoriser : les pointes rocheuses balayées par le vent, les queues de lac envasées au printemps, les bois noyés et l’ancienne route immergée vers Salles-Curan.
Observer la nature autour du lac est un vrai plus pour le pêcheur attentif. Les grèbes huppés et les cormorans trahissent souvent la présence de bancs de fourrage : là où ils plongent avec insistance, les carnassiers ne sont jamais loin. Hérons et milans patrouillent les zones peu profondes riches en alevins. Côté végétation, les ceintures de roseaux et les herbiers de potamots signalent des zones de chasse de premier choix pour le brochet, tandis que les rives nues et pentues, dépourvues de végétation, annoncent généralement des cassures rapides propices au sandre.
Le lac se situe à une trentaine de kilomètres au sud-est de Rodez et à environ 25 km de Millau, accessible par la D911 puis la D993 en direction de Salles-Curan, la commune principale en bordure de rive. Depuis Toulouse, comptez environ 2 heures de route ; depuis Montpellier, 1 h 45 via l’A75. De nombreux parkings gratuits jalonnent les rives, notamment aux Vernhes, à la plage de Salles-Curan, à Arvieu et au niveau du barrage. Pour les pêcheurs en barque, plusieurs cales de mise à l’eau sont disponibles (Les Vernhes, base nautique de Salles-Curan, Arvieu-Pareloup), praticables avec une remorque standard hors période de fort marnage. Le float-tube et le kayak se mettent à l’eau quasiment partout, ce qui est un atout majeur pour explorer les anses inaccessibles du bord. En transports en commun, des lignes de bus régionales liO desservent Salles-Curan depuis Rodez, mais nous vous conseillons franchement la voiture pour transporter le matériel et rayonner autour des 120 km de berges.
Le plateau du Lévézou affiche un climat de moyenne montagne : hivers froids et venteux, étés agréables sans canicule excessive grâce à l’altitude. L’eau reste fraîche une bonne partie de l’année : 5 à 8 °C en hiver, 12 à 16 °C au printemps, 20 à 23 °C en plein été en surface, puis une redescente rapide dès septembre. Cette fraîcheur maintient les carnassiers actifs plus longtemps qu’en plaine. Pour la pêche aux leurres, nos meilleures sessions sur place se déroulent par vent modéré de sud-ouest, qui crée des vagues sur les pointes et déclenche l’activité du brochet, et par pression atmosphérique en baisse avant une perturbation. Méfiez-vous des coups de vent violents fréquents sur ce grand plan d’eau ouvert : en float-tube, restez près des berges abritées. En été, privilégiez les coups du matin et du soir en surface, et la verticale en pleine journée sous la thermocline pour le sandre.
La pêche aux leurres reste évidemment notre activité numéro un, et le lac s’y prête toute la saison : traque du brochet au gros leurre souple au printemps, chasses de perches au popper et au petit jig en été (à ce sujet, le choix entre braid or nylon change tout sur les pêches de surface), verticale au sandre en automne. Mais Pareloup est aussi une destination familiale très prisée : cinq plages surveillées en été, baignade, paddle, kayak, voile, ski nautique sur certaines zones, et de superbes circuits VTT autour du Lévézou. De quoi occuper toute la famille pendant que vous écumez les bordures, ou prévoir une demi-journée détente entre deux sessions.
Pour les postes, profitez justement de ces activités pour repérer. Depuis le bord, concentrez-vous sur les pointes rocheuses entre Les Vernhes et le barrage, les arbres noyés visibles en période de basses eaux, et les queues de lac d’Arvieu et du Vioulou, très poissonneuses au printemps. En barque ou en float-tube, l’échosondeur révèle l’ancienne topographie noyée : routes, murets et lits de ruisseaux concentrent littéralement les sandres. Notez vos waypoints lors des baisses de niveau automnales : c’est le meilleur moment pour cartographier les structures qui produiront toute l’année suivante.
Marcher autour du lac est, pour nous, la meilleure façon de préparer ses sessions. Trois boucles méritent le détour. Le sentier du tour de la presqu’île de Salles-Curan (environ 7 km, 2 h, facile) longe des bordures variées et permet d’observer herbiers et cassures par eau claire : parfait pour repérer les postes à brochet accessibles du bord. La boucle des Vernhes (10 km, 2 h 30 à 3 h, facile à modérée) traverse plusieurs anses abritées et pointes ventées, idéales à marquer pour les sessions au crankbait et au spinnerbait. Enfin, le grand circuit du Lévézou côté Arvieu (14 km, 4 h, modéré) offre des points de vue en hauteur sur les queues de lac : avec des lunettes polarisantes, on distingue parfaitement les plateaux et les ruptures de pente où poster ses dérives en verticale. Emportez une canne légère de type ultra-léger : entre deux points de repérage, les perches de bordure ne refusent jamais un petit leurre souple lancé avec un moulinet ultra-léger bien équilibré.
Bonne nouvelle pour les pêcheurs : l’offre d’hébergement est abondante et bien placée. Côté camping au lac de Pareloup, plusieurs établissements bordent directement les rives, notamment autour de Salles-Curan, des Vernhes et d’Arvieu, certains avec accès direct à l’eau et mise à l’eau à proximité immédiate – un vrai confort pour enchaîner les coups du matin sans traverser la moitié du département. Renseignez-vous auprès de l’AAPPMA locale sur les secteurs autorisés à la pêche de la carpe de nuit si vous comptez doubler vos sessions. Pour plus de confort, gîtes ruraux et chambres d’hôtes du Lévézou accueillent volontiers les pêcheurs, parfois avec local matériel et frigo à appâts. Côté table, Salles-Curan et Arvieu proposent plusieurs restaurants où goûter l’aligot, le farçous et la charcuterie aveyronnaise, et les marchés de pays estivaux regorgent de produits locaux pour remplir la glacière avant une journée complète sur l’eau.
Oui, la baignade est autorisée et même très populaire en été, avec cinq plages aménagées dont certaines surveillées en haute saison, notamment à Salles-Curan et aux Vernhes. Pour les pêcheurs, nous conseillons d’éviter les zones de baignade en pleine journée estivale et de privilégier les secteurs calmes tôt le matin ou en soirée, quand les carnassiers reviennent chasser en bordure.
Le lac de Pareloup produit régulièrement des brochets dépassant le mètre, avec des captures rapportées au-delà de 1,20 m, ainsi que des sandres de plus de 80 cm et de très grosses perches dépassant les 45 cm. Les carpistes y sortent également des poissons de plus de 20 kg, preuve de la richesse alimentaire de ce plan d’eau d’altitude.
L’eau étant généralement claire à légèrement teintée, les coloris naturels imitant le gardon, la perche et l’ablette donnent les meilleurs résultats par conditions calmes. Par vent fort, ciel couvert ou eau brassée, passez sur des coloris plus contrastés comme le fire tiger, le chartreuse ou le blanc, particulièrement efficaces sur le brochet et le sandre en verticale.
Le black-bass est signalé de manière ponctuelle dans certaines anses peu profondes qui se réchauffent vite, mais la population reste marginale en raison de l’altitude et de la fraîcheur de l’eau, peu favorables à sa reproduction. Ce lac reste avant tout une destination brochet, sandre et perche, et c’est sur ces trois espèces que nous vous conseillons de concentrer vos efforts.
Oui, la navigation en barque, kayak et float-tube est autorisée sur le lac, avec plusieurs cales de mise à l’eau aux Vernhes, à Salles-Curan et à Arvieu. C’est même la meilleure façon de pêcher Pareloup efficacement : la verticale au sandre sur les fosses et la prospection des arbres noyés au leurre souple sont quasi impossibles depuis le bord.
La navigation est encadrée par un règlement particulier de police : les moteurs thermiques sont soumis à des restrictions de zones et de vitesse, et certains secteurs sont réservés à la baignade ou aux activités nautiques en saison. Le moteur électrique est toléré et largement suffisant pour la pêche ; nous vous recommandons de consulter le règlement affiché aux mises à l’eau ou de contacter la mairie de Salles-Curan et la fédération de pêche de l’Aveyron avant votre venue, le marnage pouvant aussi modifier l’accessibilité des cales.
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