Niché à plus de 1100 mètres d’altitude au pied du col d’Aspin, sur la commune de Campan dans les Hautes-Pyrénées, le lac de payolle est l’un de ces plans d’eau de montagne qui font battre le cœur des pêcheurs aux leurres en quête de salmonidés. Surnommé le « petit Canada » pour ses paysages de sapins et ses vastes prairies, ce site offre un cadre exceptionnel pour traquer la truite au leurre, à quelques encablures seulement de la vallée de Campan et de Bagnères-de-Bigorre.
Dans cet article, nous vous partageons tout ce qu’il faut savoir avant de monter sur place : l’histoire du lac, les espèces présentes et les techniques de pêche aux leurres qui fonctionnent, les accès, la météo, les meilleurs postes à repérer et même où dormir pour prolonger la session. Préparez vos cannes light et vos boîtes de petits leurres : on vous emmène en altitude.
Contrairement aux lacs glaciaires naturels que l’on trouve plus haut dans le massif, le lac de payolle est un plan d’eau artificiel, créé dans les années 1970 dans le cadre de l’aménagement touristique du plateau de Payolle. Alimenté par les eaux fraîches descendant de l’Arbizon et du massif environnant, il s’étend sur environ 10 hectares à 1139 mètres d’altitude, avec des profondeurs modestes, généralement comprises entre 2 et 5 mètres. Sa vocation est double : offrir un espace de loisirs de plein air en été, et constituer un parcours de pêche de première catégorie particulièrement apprécié des pêcheurs de truites. Pour nous, pêcheurs aux leurres, ces caractéristiques sont une aubaine : un plan d’eau peu profond, des eaux froides et oxygénées toute l’année, et des berges accessibles sur la quasi-totalité du périmètre. Pas besoin d’un échosondeur dernier cri pour comprendre la topographie : la lecture de l’eau se fait à vue, ce qui en fait aussi un excellent terrain d’apprentissage.
Ici, oubliez le sandre, le black-bass ou le silure : nous sommes en première catégorie piscicole, royaume des salmonidés. Le lac est régulièrement empoissonné en truites arc-en-ciel, dont certains spécimens dépassent les 50 centimètres, et abrite également de belles truites fario, plus méfiantes, descendues des ruisseaux d’alimentation. On y croise aussi quelques vairons et goujons qui constituent le fourrage naturel des truites, une information précieuse pour le choix de la taille et du coloris de nos leurres. Quelques perches peuvent ponctuellement être présentes, mais elles restent anecdotiques sur ce plan d’eau.
Côté techniques, la pêche aux leurres de la truite est ici un vrai régal. Les petits poissons nageurs de 5 à 7 cm en coulant, animés en linéaire entrecoupé de twitchs, font des ravages au printemps et en début de saison. Les cuillers ondulantes de 3 à 5 grammes, lancées loin et ramenées lentement en dent de scie, excellent quand les truites croisent au large. En été, quand l’eau se réchauffe en surface, nous passons sur des leurres souples de 2 à 3 pouces montés en tête plombée légère, voire en micro jig, pour gratter les zones plus profondes du centre du lac. Le streamer au lancer, sur une canne light, fonctionne également très bien à l’aube. Pour le fil, une tresse fine avec une longue pointe en fluorocarbone est notre montage de prédilection : si vous hésitez encore, notre comparatif braid or nylon vous aidera à trancher. Les postes clés : les arrivées d’eau froide, les bordures ombragées côté forêt et la zone du déversoir.
La faune aviaire est aussi une alliée du pêcheur observateur. Les hérons cendrés qui stationnent en bordure trahissent les zones où le poisson fourrage se concentre, et les chasses de truites en surface, fréquentes le matin, se repèrent facilement sur l’eau lisse du plateau. La végétation rivulaire, faite d’herbiers ras et de quelques zones de joncs, marque les bordures où les fario viennent chasser à la tombée du jour : autant de postes à prospecter en priorité avec un petit leurre souple non plombé ou un poisson nageur en surface.
L’accès est très simple en voiture : depuis Bagnères-de-Bigorre, comptez environ 25 minutes par la D935 puis la D918 en direction du col d’Aspin, via Sainte-Marie-de-Campan. Depuis Arreau, côté vallée d’Aure, le col d’Aspin vous dépose directement sur le plateau en une vingtaine de minutes (attention, le col peut être fermé en hiver). Plusieurs parkings gratuits entourent le site, dont un à proximité immédiate des berges, ce qui permet de pêcher en mode itinérant sans porter son matériel sur des kilomètres. La navigation à moteur est interdite, mais le float-tube est un excellent moyen de prospecter le centre du plan d’eau hors des zones de baignade en saison ; renseignez-vous auprès de l’AAPPMA locale sur les conditions exactes. Aucun transport en commun ne dessert directement le lac : la voiture reste indispensable.
À 1139 mètres d’altitude, le climat est typiquement montagnard : hivers froids et enneigés, étés frais et orages d’après-midi fréquents en juillet-août. L’eau reste froide une bonne partie de l’année, autour de 6 à 10°C au printemps et rarement au-delà de 16-18°C en plein été, ce qui maintient les truites actives même en pleine journée. Pour la pêche aux leurres, nos conditions favorites sont les journées couvertes avec un léger vent qui ride la surface : les truites perdent en méfiance et les attaques sur poissons nageurs sont franches. Les chutes de pression précédant un orage déclenchent souvent une frénésie de courte durée à exploiter absolument. Consulter la meteo lac de payolle avant de monter est indispensable, autant pour la sécurité (les orages de montagne arrivent vite) que pour planifier sa session : voici les prévisions en direct.
La pêche aux leurres reste évidemment notre activité numéro un sur place, et le tour complet du lac canne en main est une session à part entière. Mais le site a été pensé pour le plein air : baignade surveillée en été, location de paddles et de kayaks, parcours accrobranche dans la sapinière voisine, sentiers VTT vers le col d’Aspin et vastes prairies pour le pique-nique en famille. En hiver, le plateau se transforme en domaine nordique avec ski de fond et raquettes. C’est donc une destination idéale pour combiner session de pêche matinale et journée famille, les truites étant de toute façon plus actives à l’aube qu’au cœur de l’après-midi quand les baigneurs occupent les berges sud.
Pour les postes, profitez d’un tour du lac à pied ou d’une sortie paddle pour repérer les structures : les arrivées d’eau côté montagne créent des veines fraîches où les truites stationnent en été, la zone du déversoir concentre le poisson fourrage, et les bordures longeant la forêt offrent ombre et profondeur. En float-tube, prospectez les cassures du centre, invisibles depuis le bord mais bien réelles sur ce plan d’eau artificiel, en peignant la colonne d’eau avec une ondulante ou un petit leurre souple en traction.
Plusieurs boucles permettent de joindre l’utile à l’agréable. Le tour du lac (environ 2 km, 45 minutes, facile) est le b.a.-ba : faites-le canne en main et polarisantes sur le nez pour cartographier mentalement les herbiers, les arrivées d’eau et les zones où le fond décroche. La boucle du plateau de Payolle vers les granges de Campan (6 à 7 km, 2 heures, facile) longe les ruisseaux d’alimentation : un excellent moyen d’identifier d’où descendent les fario et de repérer les embouchures à pêcher en priorité après un coup d’eau. Enfin, la montée vers le col d’Aspin (environ 10 km aller-retour, 3 heures, modérée) offre une vue plongeante sur l’ensemble du plan d’eau : depuis la hauteur, les variations de teinte de l’eau révèlent les zones profondes et les hauts-fonds mieux que n’importe quelle carte. Nous prenons toujours quelques photos d’en haut pour préparer les sessions suivantes.
Pour dormir au plus près des truites, le camping de Payolle, à quelques minutes à pied des berges, est notre option préférée : on est à l’eau avant le lever du soleil, au moment où les chasses sont les plus intenses. Des gîtes et chambres d’hôtes sont disponibles dans la vallée de Campan et à Sainte-Marie-de-Campan, parfaits pour un week-end pêche en groupe. Côté table, les auberges du plateau servent garbure, magret et fromages de montagne, idéal pour se réchauffer après une session matinale dans l’eau froide. Ne manquez pas le marché de Bagnères-de-Bigorre pour faire le plein de produits locaux, et notez que la pêche de nuit n’étant pas pratiquée ici (première catégorie oblige), les soirées se passent plutôt autour d’une bonne table qu’au bord de l’eau.
Oui, une carte de pêche valide est obligatoire pour pêcher sur ce plan d’eau classé en première catégorie piscicole. Vous pouvez vous la procurer en ligne sur cartedepeche.fr ou auprès des dépositaires locaux de la vallée de Campan, et nous vous conseillons de vérifier les dates d’ouverture et les éventuelles règles spécifiques auprès de la Fédération de pêche des Hautes-Pyrénées.
Non, ce n’est pas une destination carpe : nous sommes sur un lac de montagne en première catégorie, dédié aux salmonidés et régulièrement empoissonné en truites. Les carpistes trouveront leur bonheur plus bas en vallée, sur les plans d’eau de seconde catégorie autour de Tarbes et de l’Adour.
Non, la pêche de nuit n’est pas autorisée ici, comme sur la quasi-totalité des parcours de première catégorie en France. La pêche est permise de demi-heure avant le lever du soleil à demi-heure après son coucher, ce qui tombe bien : les premières heures du jour sont de loin les plus productives pour la truite aux leurres.
Non, le black-bass est absent de ce lac d’altitude, dont les eaux froides ne lui conviennent pas du tout. La pêche aux leurres y reste pourtant passionnante : truites arc-en-ciel et fario répondent très bien aux petits poissons nageurs, aux ondulantes et aux leurres souples finesse.
Le brochet n’est pas présent sur ce lac de première catégorie, exclusivement peuplé de salmonidés. Si vous cherchez à traquer ce carnassier dans la région, consultez notre article sur l’ouverture de la pêche du brochet 2026 et nos techniques pour pêcher le brochet sur les plans d’eau de seconde catégorie des Hautes-Pyrénées.
Les arrivées d’eau froide côté montagne, la zone du déversoir et les bordures ombragées longeant la sapinière concentrent l’essentiel de l’activité des truites. Privilégiez l’aube avec un petit poisson nageur ou une ondulante, et n’hésitez pas à faire le tour complet du lac en mode itinérant pour localiser les chasses du jour.
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