Lac de Cap-De-Long – Pêche en lac : espèces, spots et conseils

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lac de cap-de-long - vue du lac
Photo : set.sj via Unsplash

Perché à plus de 2160 mètres d’altitude au cœur du massif du Néouvielle, dans les Hautes-Pyrénées, le lac de cap-de-long est l’un des plans d’eau les plus spectaculaires que nous ayons eu la chance de pêcher. Ce gigantesque réservoir de haute montagne, dominé par le pic de Néouvielle et ses 3091 mètres, offre un cadre minéral grandiose et des eaux d’un bleu profond qui abritent des salmonidés sauvages parmi les plus combatifs de France. Pour nous, pêcheurs aux leurres, c’est un terrain de jeu exigeant mais incroyablement gratifiant.

Dans cet article, nous vous emmenons à la découverte de ce joyau pyrénéen sous l’angle qui nous passionne : la pêche aux leurres. Histoire du barrage, espèces présentes (avec un focus sur le mythique cristivomer), techniques adaptées, accès, météo, postes à repérer, randonnées et hébergements : voici notre guide complet pour préparer votre session sur le lac de cap de long.

Histoire et caractéristiques du lac de cap-de-long

Le lac de cap-de-long est un lac de barrage construit par EDF et achevé en 1953, dans le cadre du vaste aménagement hydroélectrique de Pragnères. À l’origine existait déjà un lac naturel d’altitude, considérablement agrandi par l’édification d’un barrage-voûte impressionnant de plus de 100 mètres de hauteur. Le réservoir s’étend aujourd’hui sur environ 110 hectares, culmine à 2161 mètres d’altitude et retient près de 67 millions de mètres cubes d’eau, avec des profondeurs dépassant les 100 mètres par endroits. Ces caractéristiques en font l’une des plus grandes retenues d’altitude des Pyrénées. Pour nous pêcheurs, deux conséquences directes : une eau froide et oxygénée toute l’année, idéale pour les salmonidés, et un marnage important qui modifie les postes au fil de la saison. Apprendre à lire ce marnage, c’est déjà la moitié du travail pour réussir sa pêche ici.

lac de cap-de-long pêche aux leurres
Photo : Brandon Hoogenboom via Unsplash

Quels poissons pêcher au lac de cap-de-long ?

Oubliez le brochet, le sandre ou le silure : à cette altitude, nous sommes dans le royaume exclusif des salmonidés, et quel royaume ! Le lac de cap-de-long est célèbre dans toute la France pour sa population de cristivomers (ombles du Canada), un poisson rare dans l’Hexagone qui peut atteindre ici des tailles remarquables, avec des sujets dépassant régulièrement les 60 centimètres. À ses côtés, nous trouvons de la truite fario sauvage, du saumon de fontaine et quelques ombles chevaliers. Le poisson fourrage est essentiellement constitué de vairons et de petits salmonidés, ce qui oriente clairement nos choix de leurres vers des profils fins et naturels.

Côté techniques, le cristivomer se pêche principalement en début de saison, juste après la fonte, lorsqu’il évolue près des bordures : cuillères ondulantes lourdes, lames vibrantes et leurres souples en montage drop shot ou tête plombée lancés loin et ramenés lentement près du fond font la différence. Plus tard en saison, il redescend dans la couche d’eau froide et il faut alors pêcher profond, parfois à plus de 15 mètres. Pour la fario et le saumon de fontaine, le jerkbait minnow de 5 à 7 cm en animation twitchée reste notre arme favorite, tout comme les petites cuillères tournantes le long des éboulis. Pensez à vérifier les dates d’ouverture de la pêche : nous sommes ici en première catégorie, avec une saison courte dictée par l’altitude.

L’environnement est ici purement minéral : pas de roselières ni d’herbiers comme en plaine, mais des éboulis, des dalles granitiques plongeantes et quelques pins à crochets accrochés aux pentes. Ces structures rocheuses sont nos meilleures indicatrices de postes : les cassures où les blocs s’enfoncent dans le bleu profond concentrent les cristivomers en chasse. Côté faune aviaire, gypaètes barbus, vautours fauves et aigles royaux survolent régulièrement le plan d’eau : observer les oiseaux piscivores comme le harle bièvre peut aussi nous aiguiller vers les zones riches en vairons.

poissons et pêche au lac de cap-de-long
Photo : kayligrace moody via Unsplash

Comment accéder au lac

L’accès se fait en voiture depuis Saint-Lary-Soulan via la D929 puis la D929a, une superbe route de montagne qui grimpe jusqu’au pied du barrage : c’est l’un des rares grands lacs d’altitude des Pyrénées accessibles directement en véhicule. Un parking gratuit se trouve au niveau du barrage, à côté du restaurant d’altitude. Attention : la route est généralement fermée de novembre à fin mai-début juin selon l’enneigement, ce qui coïncide d’ailleurs avec le début de la meilleure période de pêche. La navigation à moteur est interdite et l’usage du float-tube ou de la barque est très contraint par la réglementation locale et les conditions de haute montagne : nous pêchons donc essentiellement du bord, ce qui n’est pas un problème vu les profondeurs accessibles à quelques mètres de la rive. Aucun transport en commun ne dessert le site : le covoiturage depuis la vallée d’Aure reste la meilleure option sans véhicule.

Carte du lac

Météo et conditions de pêche

À 2161 mètres, le climat est rude et changeant : la glace recouvre le plan d’eau une bonne partie de l’année et l’eau dépasse rarement les 12 à 14 °C en surface au cœur de l’été. C’est précisément ce qui fait le bonheur des salmonidés. Juin et début juillet, juste après la fonte, constituent selon nous la fenêtre en or : les cristivomers chassent en bordure et restent accessibles aux leurres lancés du bord. En plein été, privilégiez les premières heures du jour et les pêches profondes. Côté conditions, un léger vent qui ride la surface et un ciel voilé sont nos alliés : les eaux cristallines du lac rendent les poissons méfiants par grand soleil. Une pression atmosphérique stable ou en légère baisse déclenche souvent les meilleures activités. Attention aux orages d’altitude, fréquents l’après-midi en été : consultez toujours les prévisions avant de monter.

Que faire au lac de cap-de-long ?

La pêche aux leurres est évidemment, pour nous, l’activité reine sur place : traquer le cristivomer dans un décor de haute montagne est une expérience que peu de destinations françaises peuvent offrir. La baignade est fortement déconseillée (eau glaciale et marnage), et la navigation très restreinte, mais le site est un point de départ exceptionnel pour la randonnée dans la réserve naturelle du Néouvielle toute proche, avec ses lacs d’Aumar et d’Aubert. Les amateurs de VTT trouveront de belles pistes dans la vallée d’Aure, en contrebas, et les photographes se régaleront des lumières du soir sur le barrage.

Pour le pêcheur du bord, plusieurs secteurs méritent une attention particulière : la zone du barrage elle-même, avec ses grands fonds accessibles d’un long lancer, les pointes rocheuses de la rive nord qui créent des cassures marquées, et le fond du lac, côté queue de retenue, où les arrivées d’eau de fonte attirent vairons et salmonidés en chasse. Repérez aussi les zones où les éboulis plongent brutalement : ce sont des autoroutes à cristivomers en début de saison. Le sentier qui longe la rive permet d’alterner les postes facilement.

activités au lac de cap-de-long
Photo : Sylvia Carvalho via Unsplash

Randonnée et repérage des postes autour du lac

Marcher autour de ce plan d’eau, c’est faire d’une pierre deux coups : profiter d’un panorama exceptionnel et repérer les postes pour nos futures sessions. Première option : le tour partiel du lac par le sentier de la rive nord, environ 5 km aller-retour, 1h30 à 2h, difficulté facile à modérée. Idéal pour identifier les pointes rocheuses et les cassures visibles dans l’eau claire. Deuxième boucle : la montée vers le lac de Cap-de-Long supérieur et les Laquettes par le GR10 variante, comptez 8 km et 3 à 4 heures, niveau modéré, avec des vues plongeantes qui révèlent parfaitement les structures immergées et les zones de marnage. Enfin, pour les plus sportifs, l’ascension du Turon de Néouvielle (3035 m) au départ du barrage, 12 km aller-retour et 6 à 7 heures, difficile, offre une lecture aérienne complète du lac : nous vous conseillons d’y monter avec des jumelles et de noter les hauts-fonds visibles depuis les crêtes.

Où dormir et où manger ?

Pas de camping au bord même de la retenue (nous sommes en zone de haute montagne réglementée, et la pêche de nuit n’y est de toute façon pas autorisée en première catégorie), mais le bivouac est toléré sous conditions à proximité de la réserve du Néouvielle, de 19h à 9h. Pour plus de confort, la vallée d’Aure regorge d’options : campings à Saint-Lary-Soulan et Aragnouet, gîtes d’étape à Fabian et Aulon, hôtels de montagne à Saint-Lary. Côté restauration, le restaurant d’altitude au pied du barrage permet de déjeuner sur place entre deux sessions, et les bonnes tables de Saint-Lary servent garbure, gigot de mouton AOC de Barèges-Gavarnie et fromages des estives. Le marché de Saint-Lary-Soulan, le samedi matin, est parfait pour faire le plein de produits locaux avant de monter pêcher.

FAQ – vos questions sur le lac de cap-de-long

Quels sont les meilleurs spots du lac de cap-de-long ?

Les meilleurs postes se situent au niveau du barrage, où les grands fonds sont accessibles d’un long lancer, ainsi que sur les pointes rocheuses de la rive nord qui créent des cassures marquées. La queue de retenue, alimentée par les eaux de fonte, concentre également le poisson fourrage et donc les salmonidés en chasse, surtout en début de saison.

Peut-on y pêcher la truite ?

Oui, le lac abrite de la truite fario sauvage ainsi que du saumon de fontaine, en plus du célèbre cristivomer. Les jerkbaits minnow de 5 à 7 cm et les petites cuillères tournantes animées le long des éboulis donnent d’excellents résultats, particulièrement en juin et juillet juste après la fonte des glaces.

Quels leurres utiliser pour le brochet ?

Il n’y a pas de brochet dans ce lac d’altitude : à 2161 mètres, les eaux froides sont le domaine exclusif des salmonidés comme le cristivomer et la truite fario. Si vous cherchez le brochet aux leurres, orientez-vous plutôt vers les lacs et retenues de plaine du piémont pyrénéen, en deuxième catégorie.

Y a-t-il du silure dans le lac ?

Non, aucun silure n’est présent dans cette retenue de haute montagne : les eaux glaciales et le faible développement biologique à cette altitude ne permettent pas à cette espèce de s’y installer. Le peuplement piscicole est exclusivement composé de salmonidés, dont le rare cristivomer qui fait la réputation du site.

Où trouver des poissons fourrage dans le lac ?

Les vairons, principale ressource alimentaire des salmonidés du lac, se concentrent dans les zones peu profondes de la queue de retenue et le long des bordures d’éboulis, surtout aux heures chaudes de la journée. Repérer ces concentrations de fourrage est la clé pour localiser les cristivomers et les farios en chasse, notamment tôt le matin.

Comment pêcher la perche aux leurres souples ?

La perche est absente de ce plan d’eau d’altitude, mais les techniques fines aux leurres souples y restent redoutables sur les salmonidés : un petit shad de 5 cm en drop shot ou en tête plombée légère, ramené lentement le long des cassures rocheuses, déclenche régulièrement les attaques de cristivomers. Privilégiez les coloris naturels imitant le vairon dans ces eaux cristallines.

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