
Niché au cœur des Alpes-de-Haute-Provence, à deux pas de Saint-André-les-Alpes et des gorges du Verdon, le lac de castillon est l’un de ces plans d’eau d’altitude qui font rêver tous les pêcheurs aux leurres. Avec ses eaux turquoise alimentées par le Verdon, ses fosses vertigineuses et ses plateaux rocheux, ce réservoir offre un terrain de jeu exceptionnel pour traquer les carnassiers dans un décor à couper le souffle.
Nous avons eu l’occasion d’y poser nos leurres à plusieurs reprises, et autant vous le dire tout de suite : entre les truites, les perches et les brochets, il y a de quoi faire chauffer le moulinet. Dans cet article, nous vous partageons tout ce qu’il faut savoir pour préparer votre session : histoire du lac, espèces présentes, techniques qui fonctionnent, accès, météo, postes à repérer et bonnes adresses pour dormir sur place. Suivez le guide !
Histoire et caractéristiques du lac de castillon
Le lac de castillon est un lac artificiel né de la construction du barrage de Castillon sur le Verdon, mis en service en 1948 après un chantier titanesque entamé dès les années 1920 et interrompu par la guerre. Sa vocation première est la production hydroélectrique et la régulation du débit du Verdon, mais il est rapidement devenu un haut lieu touristique et halieutique de la région. Côté chiffres, ce plan d’eau s’étend sur environ 500 hectares, perché à près de 880 mètres d’altitude, avec une profondeur maximale avoisinant les 95 mètres au niveau du barrage et un volume d’environ 150 millions de mètres cubes. Pour nous, pêcheurs aux leurres, ces caractéristiques sont capitales : la combinaison de zones profondes, de plateaux, de pointes rocheuses et de la queue de lac alimentée par le Verdon crée une mosaïque de postes où chaque carnassier trouve son habitat. Attention toutefois au marnage : comme tout lac de barrage, le niveau peut varier de plusieurs mètres selon la saison et les lâchers d’eau, ce qui redistribue les cartes à chaque sortie et oblige à relire le plan d’eau en permanence.

Quels poissons pêcher au lac de castillon ?
Le cheptel piscicole est riche et varié, à la croisée des eaux froides alpines et des populations de carnassiers classiques. Le pike est bien présent, avec de très beaux sujets qui profitent de l’abondance de poissons fourrage. La pole est sans doute l’espèce la plus prolifique : les chasses sont fréquentes en été et les bancs peuvent être impressionnants. On trouve également de la trout (fario et arc-en-ciel), héritage des eaux fraîches du Verdon, ainsi que quelques sandres, plus discrets mais bien réels sur les zones profondes. Côté poissons blancs et espèces de fond, gardons, ablettes, chevesnes, carpes et tanches complètent le tableau et constituent le garde-manger des prédateurs.
Pour le brochet, nous privilégions les gros leurres souples shad en 15 à 20 cm sur les cassures et les pointes, ainsi que les crankbaits et techniques classiques du brochet en prospection rapide le long des berges au printemps et en automne. Une canne casting dédiée au brochet est un vrai plus pour animer ces leurres volumineux toute la journée sans fatigue. La perche se prend à merveille en drop shot et petits leurres souples sur les éboulis rocheux, ou au petit crankbait quand les chasses explosent en surface. Pour la truite, les poissons nageurs minnow et les cuillers ondulantes lancés en queue de lac, là où le Verdon apporte son eau fraîche, donnent d’excellents résultats au printemps. Le sandre, lui, se cherche en verticale ou en linéaire lent sur les fonds de 8 à 15 mètres, principalement tôt le matin ou en fin de journée. N’oubliez pas non plus de respecter les dates d’ouverture de la pêche par espèce avant de planifier votre session.
Côté nature, le lac accueille une belle faune aviaire : grèbes huppés, hérons cendrés et cormorans sont autant d’indicateurs précieux. Quand les cormorans pêchent en groupe sur une zone, c’est que le fourrage y est concentré, et les carnassiers ne sont jamais loin. La végétation rivulaire est plutôt rase (pins, genêts, roche nue), mais les quelques zones d’herbiers et les arbres immergés par le marnage constituent des postes de premier ordre à prospecter méthodiquement au leurre souple ou au spinnerbait.

Comment accéder au lac
L’accès se fait principalement par la route Napoléon (N85) puis la D955 depuis Castellane, ou par la D955 depuis Saint-André-les-Alpes au nord. Comptez environ 1h30 depuis Digne-les-Bains et un peu plus de 2h depuis Nice. Plusieurs parkings gratuits jalonnent les rives, notamment à Saint-Julien-du-Verdon, à la base de loisirs de Saint-André-les-Alpes et près du barrage. Pour la mise à l’eau des embarcations, des cales sont disponibles côté Saint-Julien et Saint-André : barques et bateaux à moteur électrique sont autorisés (le thermique est réglementé, renseignez-vous auprès de l’AAPPMA locale). Le float tube est une option redoutable ici pour prospecter les bordures inaccessibles à pied, comme nous l’avions déjà constaté sur le lac du Salagou. Pour les non-motorisés, la gare des Chemins de fer de Provence (le fameux Train des Pignes) dessert Saint-André-les-Alpes, à quelques minutes à pied de la rive nord.
Carte du lac
Météo et conditions de pêche
Le climat est de type montagnard méditerranéen : étés chauds et ensoleillés, hivers froids avec gel fréquent sur les rives. L’eau reste fraîche une bonne partie de l’année : comptez 8 à 10°C au printemps, 18 à 22°C en plein été en surface (avec une thermocline marquée), et un refroidissement rapide dès octobre. Pour la pêche aux leurres, les meilleures fenêtres se situent au printemps et en automne, quand les carnassiers remontent sur les bordures. Méfiez-vous du vent thermique qui se lève souvent en début d’après-midi : il peut rendre la navigation sportive, mais une berge battue par le vent concentre le fourrage et déclenche l’activité des brochets et des perches. Une pression atmosphérique stable ou en légère baisse, un ciel voilé et une petite brise constituent à nos yeux le combo gagnant sur ce plan d’eau aux eaux très claires, où un bon bas de ligne en fluorocarbone discret fait souvent la différence.
Que faire au lac de castillon ?
La pêche aux leurres reste évidemment notre activité numéro un sur place, que ce soit du bord, en barque ou en float tube. Mais le site est aussi une destination familiale complète : baignade surveillée en été sur les plages de Saint-Julien-du-Verdon et de Saint-André-les-Alpes, paddle, kayak, pédalo, voile, et même parapente depuis les sommets environnants. Les amateurs de VTT trouveront de superbes sentiers autour du plan d’eau et vers les crêtes. De quoi occuper la famille pendant que nous peignons les bordures au leurre souple au lever du jour.
Pour les postes, plusieurs zones méritent votre attention. Du bord, les pointes rocheuses autour de Saint-Julien-du-Verdon offrent un accès direct aux cassures : parfait pour le drop shot et les leurres souples en linéaire. La queue de lac, côté Saint-André, est une zone moins profonde où les brochets viennent chasser au printemps et en automne. En barque ou en float tube, prospectez les arbres immergés révélés par le marnage, les plateaux de 5 à 10 mètres en sortie de fosse et les tombants près du barrage pour la verticale au sandre. Un échosondeur change littéralement la donne sur ce lac aux reliefs marqués.

Randonnée et repérage des postes autour du lac
Marcher autour du lac est le meilleur moyen de repérer les postes avant une session, surtout en période de basses eaux quand les structures sont visibles. Le sentier du tour du lac de castillon par Saint-Julien-du-Verdon offre une boucle d’environ 8 km (2h30, difficulté facile) avec de superbes points de vue plongeants sur les cassures et les pointes : prenez des lunettes polarisantes et notez les zones d’éboulis. La montée à la chapelle de Vérimande depuis Saint-André (environ 5 km aller-retour, 1h30, facile) domine la queue de lac et permet de localiser les herbiers et les arrivées d’eau du Verdon, postes à brochets par excellence. Enfin, pour les plus sportifs, la boucle du Pic de Chamatte (12 km, 4h30, difficile) offre un panorama complet sur l’ensemble du plan d’eau : idéal pour photographier les hauts-fonds et préparer une dérive en barque ou en float tube le lendemain.
Où dormir et où manger ?
Pour dormir au plus près de l’eau, plusieurs campings bordent le lac, notamment à Saint-André-les-Alpes et Saint-Julien-du-Verdon : pratique pour être au bord dès l’aube, quand les carnassiers sont les plus actifs (la pêche de nuit n’étant autorisée que sur certains parcours carpe, renseignez-vous auprès de la fédération de pêche des Alpes-de-Haute-Provence). Des gîtes et chambres d’hôtes sont disponibles dans les villages alentour, ainsi que quelques hôtels à Castellane et Saint-André. Côté table, les restaurants de Saint-André-les-Alpes proposent une cuisine de pays généreuse, parfaite après une journée à lancer des leurres, et le marché hebdomadaire (le mercredi à Saint-André) est l’occasion de faire le plein de produits locaux : fromages de chèvre, miel de lavande et charcuterie de montagne pour le casse-croûte au bord de l’eau.
FAQ – vos questions sur le lac de castillon
Peut-on utiliser une barque ou un float-tube ?
Oui, la navigation est autorisée sur le lac de castillon avec des cales de mise à l’eau à Saint-Julien-du-Verdon et Saint-André-les-Alpes, le moteur électrique étant privilégié. Le float tube est une excellente option pour prospecter discrètement les bordures, les arbres immergés et les pointes rocheuses inaccessibles à pied, à condition de porter un gilet et de surveiller le vent thermique qui se lève souvent l’après-midi.
Y a-t-il du sandre au lac de castillon ?
Oui, le sandre est présent, même s’il est moins abondant que la perche ou le brochet. Il se tient principalement sur les zones profondes de 8 à 15 mètres et les tombants près du barrage, et se pêche efficacement en verticale ou en linéaire lent au leurre souple, surtout tôt le matin et en fin de journée.
Comment pêcher la perche aux leurres souples ?
La perche est l’espèce reine du lac et répond très bien aux petits leurres souples de 5 à 8 cm montés en drop shot ou sur tête plombée légère, le long des éboulis rocheux et des cassures. En été, repérez les chasses en surface et lancez au-delà du banc avant de ramener en linéaire saccadé : les touches sont souvent immédiates.
La pêche en no-kill est-elle pratiquée sur le lac ?
Le no-kill n’est pas obligatoire sur l’ensemble du plan d’eau, mais il est largement pratiqué par les pêcheurs aux leurres, notamment pour préserver les beaux brochets et les grosses perches. Nous vous encourageons à relâcher vos prises avec précaution, en utilisant une épuisette à mailles caoutchoutées et une pince pour décrocher rapidement le poisson.
Le lac est-il un bon spot pour la pêche à la carpe ?
Oui, la carpe est bien présente avec de beaux spécimens, particulièrement dans la queue de lac et les zones moins profondes côté Saint-André-les-Alpes. Certains secteurs sont classés en parcours de nuit : renseignez-vous auprès de la fédération de pêche des Alpes-de-Haute-Provence pour connaître les zones autorisées et la réglementation en vigueur.
Quels leurres utiliser pour le brochet ?
Sur ces eaux claires, les leurres souples shad de 15 à 20 cm en coloris naturels (gardon, perche, ablette) sont nos valeurs sûres sur les cassures et les pointes rocheuses. Au printemps et en automne, les crankbaits, jerkbaits et spinnerbaits lancés le long des bordures et des arbres immergés font la différence, toujours associés à un bas de ligne résistant pour parer aux dents du brochet.




