Lac de L’Orceyrette – Pêche, baignade et infos pratiques

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lac de l'orceyrette - vue du lac
Photo : Corentin  Calmejane via Unsplash

Niché à plus de 1 900 mètres d’altitude dans les Hautes-Alpes, sur la commune de Villard-Saint-Pancrace à quelques kilomètres de Briançon, le lac de l’Orceyrette est l’un de ces joyaux alpins qui font battre le cœur des pêcheurs aux leurres. Entouré de mélèzes et dominé par les sommets du Briançonnais, ce plan d’eau de montagne offre un cadre exceptionnel pour traquer les salmonidés à la canne, dans une eau cristalline qui ne pardonne aucune approximation.

Dans cet article, nous vous emmenons à la découverte de ce spot d’altitude : son histoire, ses poissons, les techniques de pêche aux leurres qui fonctionnent sur place, les accès, la météo, les postes à repérer et même où dormir pour enchaîner les sessions au lever du jour. Préparez vos cannes ultra-light, on monte en altitude !

Histoire et caractéristiques du lac de l’orceyrette

Le lac de l’Orceyrette est un lac de montagne d’origine naturelle, dont le niveau a été rehaussé par une petite digue afin de réguler l’eau pour l’irrigation des terres agricoles de la vallée. Perché à environ 1 927 mètres d’altitude au cœur du vallon de l’Orceyrette, il s’étend sur près de 5 hectares dans un écrin de mélèzes centenaires. Sa profondeur reste modérée, avec des fosses atteignant plusieurs mètres au centre, tandis que les bordures descendent en pente douce, ce qui est une excellente nouvelle pour la pêche du bord. Alimenté par les eaux de fonte et les torrents du vallon, le lac conserve une eau froide et parfaitement claire toute la saison : un environnement idéal pour les salmonidés, mais qui exige finesse et discrétion de la part du pêcheur aux leurres. Notez que ce plan d’eau, géré par l’AAPPMA locale, est classé en première catégorie piscicole : la période d’ouverture y est donc strictement encadrée.

lac de l'orceyrette pêche aux leurres
Photo : Pedro Lastra via Unsplash

Quels poissons pêcher au lac de l’orceyrette ?

Ici, pas de brochet ni de sandre : l’altitude et la fraîcheur de l’eau font du lac de l’Orceyrette un territoire dédié aux salmonidés. La trout est la reine incontestée des lieux, avec une belle population de farios sauvages issues des torrents du vallon, complétée par des arcs-en-ciel et des truites surdensitaires déversées par l’AAPPMA en début de saison. Quelques ombles de fontaine peuvent également croiser votre route, notamment dans les zones les plus profondes. Côté poissons de fond, on trouve principalement des vairons, qui constituent une part importante du régime alimentaire des grosses truites : un indice précieux pour le choix de vos leurres. Si vous cherchez du carnassier classique type brochet ou perche, il faudra redescendre dans la vallée, sur la Durance ou les plans d’eau de plus basse altitude — d’ailleurs, si c’est votre objectif, consultez notre guide sur l’ouverture de la pêche aux carnassiers pour préparer vos sorties.

Pour la truite aux leurres, nous privilégions ici trois approches. Au printemps, juste après la fonte, les poissons longent les bordures : un petit poisson nageur coulant de 5 cm ou un jerkbait minnow imitant le vairon, animé en twitchs courts, fait des merveilles le long des cassures. En été, quand le soleil tape, les truites se réfugient dans la fosse centrale et près des arrivées d’eau fraîche : c’est le moment des leurres souples finesse de 2 à 3 pouces montés sur tête plombée légère, voire en micro-dropshot pour peigner lentement les zones profondes. En fin de saison, les cuillères tournantes n°1 et n°2 et les petites lames vibrantes déclenchent l’agressivité des farios en période pré-frai. Un soupçon d’attractant sur vos leurres souples peut faire la différence sur les poissons éduqués de fin de saison. Dans tous les cas, pêchez fin : fluorocarbone en 14 à 18 centièmes, approche discrète, et lancers longs pour ne pas effrayer les poissons dans cette eau limpide.

Le vallon de l’Orceyrette abrite une faune aviaire typique des Alpes du Sud : cincle plongeur sur les torrents, casse-noix moucheté dans les mélèzes, et parfois un aigle royal en maraude au-dessus des crêtes. Observez le cincle : sa présence signale les arrivées d’eau oxygénée, des postes de premier choix pour les truites actives. Côté végétation, les herbiers clairsemés des bordures et les zones où les mélèzes surplombent l’eau créent des ombres portées sous lesquelles les farios se postent en embuscade : autant de spots à prospecter méthodiquement au leurre.

poissons et pêche au lac de l'orceyrette
Photo : Aurélia Dubois via Unsplash

Comment accéder au lac

L’accès se fait depuis Briançon en rejoignant Villard-Saint-Pancrace, puis en empruntant la route forestière du vallon de l’Orceyrette. Attention : cette piste de montagne est étroite, partiellement goudronnée et soumise à une réglementation d’accès en haute saison estivale (circulation alternée ou navettes certains jours, renseignez-vous en mairie ou à l’office de tourisme de Briançon). Un parking est aménagé à proximité du lac, à quelques minutes de marche de la berge : parfait pour transporter un float-tube ou une canne montée. Les embarcations à moteur thermique sont proscrites sur ce plan d’eau ; le float-tube reste toléré selon la réglementation en vigueur, mais vérifiez auprès de l’AAPPMA de Briançon avant de gonfler. En hiver et au début du printemps, la route est généralement enneigée et fermée : l’accès se fait alors en raquettes ou à ski de randonnée, mais la pêche est de toute façon fermée en première catégorie à cette période. Pas de transport en commun jusqu’au lac : la voiture (ou le vélo pour les plus courageux, comptez 600 mètres de dénivelé) reste indispensable.

Carte du lac

Météo et conditions de pêche

À près de 2 000 mètres d’altitude, le climat est typiquement alpin : hivers longs et enneigés, étés courts avec des orages fréquents en après-midi. L’eau reste froide toute l’année : à peine 6 à 8°C à l’ouverture en mars (quand le lac est dégelé), 12 à 16°C au cœur de l’été, avant de redescendre rapidement dès septembre. Pour la pêche aux leurres, les meilleures fenêtres se situent tôt le matin et en soirée durant l’été, quand la luminosité baisse et que les truites remontent chasser en bordure. Un léger vent qui ride la surface est votre allié : il masque votre approche et rend les poissons moins méfiants dans cette eau translucide. Les journées de pression atmosphérique stable ou en légère baisse, juste avant un orage, déclenchent souvent des frénésies alimentaires spectaculaires — mais redescendez avant que l’orage n’éclate, la montagne ne plaisante pas. Méfiez-vous enfin des coups de soleil et des écarts thermiques : ici, on peut passer de 5°C à l’aube à 25°C à midi.

Que faire au lac de l’orceyrette ?

La pêche aux leurres est évidemment notre activité numéro un sur place : une session de prospection complète du tour du lac se boucle en deux à trois heures, canne UL en main, en alternant cuillères, micro-jerkbaits et leurres souples selon les postes. Mais le site séduit aussi les familles : baignade rafraîchissante (très rafraîchissante !) en été, balades en paddle ou en kayak gonflable sur les eaux calmes du matin, pique-nique sous les mélèzes et VTT sur les pistes forestières du vallon. Cette fréquentation estivale a son revers pour nous, pêcheurs : en plein mois d’août, mieux vaut pêcher à l’aube avant l’arrivée des baigneurs, ou viser les soirées une fois le calme revenu.

Depuis le bord, plusieurs postes méritent une attention particulière : la zone de la digue, où la profondeur est la plus marquée et où les grosses truites stationnent en journée ; les arrivées d’eau des torrents, véritables garde-manger riches en oxygène ; les bordures ombragées sous les mélèzes, idéales aux heures chaudes ; et les pointes rocheuses qui plongent dans la fosse centrale. En float-tube, peignez la cassure entre la zone littorale et la fosse en pêchant vers la berge : c’est souvent là que se tiennent les poissons en chasse. Inutile d’embarquer un gros échosondeur ici : la lecture visuelle de l’eau claire et l’observation des gobages suffisent largement.

activités au lac de l'orceyrette
Photo : Yizack Rangel via Unsplash

Randonnée et repérage des postes autour du lac

Le vallon offre plusieurs itinéraires parfaits pour combiner marche et repérage halieutique. Le tour du lac, d’abord : une boucle facile d’environ 1,5 km en 30 à 45 minutes, accessible à tous, qui permet d’observer chaque bordure, de repérer les cassures visibles dans l’eau claire et de noter les postes de gobage pour la session du soir. Pour les plus sportifs, la montée vers la Croix de la Salcette (environ 3 heures aller-retour, dénivelé soutenu, niveau intermédiaire) offre une vue plongeante exceptionnelle sur le lac : depuis les hauteurs, on distingue parfaitement la fosse centrale, les hauts-fonds et les zones d’herbiers — un véritable scan visuel du plan d’eau, gratuit et écologique. Enfin, la balade le long du torrent de l’Orceyrette en aval du lac (1 à 2 heures, facile) permet de prospecter les fario sauvages des pools et des veines de courant au micro-leurre, une pêche itinérante exigeante et passionnante. Pensez à monter avec une canne télescopique ou multi-brins dans le sac : ce serait dommage de repérer le poste parfait sans pouvoir le pêcher.

Où dormir et où manger ?

Le bivouac est généralement toléré autour du lac selon la réglementation montagnarde classique (tente montée au coucher du soleil, démontée au lever), une option en or pour être au bord de l’eau dès l’aube — attention toutefois, pas de pêche de nuit en première catégorie, la session s’arrête une demi-heure après le coucher du soleil. Pour plus de confort, Villard-Saint-Pancrace et Briançon proposent gîtes, chambres d’hôtes et campings équipés, à 20-30 minutes de route du lac. Plusieurs hébergeurs du Briançonnais accueillent volontiers les pêcheurs avec départ matinal et local pour le matériel. Côté table, les restaurants de la vieille ville de Briançon (cité Vauban) régalent avec les spécialités locales : tourtons, ravioles et fromages des alpages. Le marché de Briançon, le mercredi et le dimanche matin, est parfait pour remplir la glacière avant de monter au vallon. Notre conseil : faites le plein de provisions en ville, car il n’y a aucun commerce au bord du lac.

FAQ – vos questions sur le lac de l’orceyrette

La pêche du bord est-elle productive sur ce lac ?

Oui, la pêche du bord est très productive sur ce plan d’eau, car ses dimensions modestes permettent d’atteindre la fosse centrale en lancer long depuis la plupart des berges. Privilégiez la zone de la digue, les arrivées de torrents et les bordures ombragées, en pêchant fin avec une approche discrète dans cette eau très claire.

Le black-bass est-il présent sur ce plan d’eau ?

Non, le black-bass est totalement absent du lac de l’Orceyrette : l’altitude de près de 2 000 mètres et les eaux froides rendent sa survie impossible. C’est un lac de première catégorie dédié aux salmonidés, principalement truites fario, arcs-en-ciel et quelques ombles de fontaine. Pour le bass, il faudra redescendre vers des plans d’eau de basse altitude au climat plus doux.

Peut-on pêcher en hiver sur ce lac ?

Non, la pêche hivernale est interdite ici : le lac est classé en première catégorie piscicole, avec une fermeture qui s’étend de mi-septembre à mi-mars environ. De toute façon, le plan d’eau est généralement gelé et la route d’accès enneigée durant cette période. Consultez les dates exactes d’ouverture auprès de la fédération de pêche des Hautes-Alpes avant de planifier votre sortie.

Le lac est-il un bon spot pour la pêche à la carpe ?

Non, ce n’est pas une destination carpe : les eaux froides d’altitude ne conviennent pas à cette espèce, qui est absente du lac. Les cyprinidés présents se limitent essentiellement aux vairons, qui servent de fourrage aux truites. Si vous cherchez la carpe, orientez-vous plutôt vers les plans d’eau de la vallée de la Durance, à plus basse altitude.

Comment pêcher la perche aux leurres souples ?

La perche n’est pas présente sur ce lac d’altitude, mais la technique des leurres souples finesse y fonctionne remarquablement bien sur la truite. Utilisez des shads ou des finesses de 2 à 3 pouces sur tête plombée de 2 à 5 grammes, animés en linéaire lent ou en dents de scie le long des cassures, voire en micro-dropshot pour insister sur la fosse centrale quand les poissons sont calés au fond en été.

Quelle est la meilleure saison pour pêcher au lac de l’orceyrette ?

La meilleure période s’étend de fin mai à fin juin, après la fonte des neiges : l’eau se réchauffe légèrement, les truites sont actives en bordure et la fréquentation touristique reste faible. Le début de l’automne, en septembre avant la fermeture, est également excellent, avec des farios agressives en période pré-frai qui répondent très bien aux cuillères et aux petits jerkbaits. En plein été, concentrez vos efforts à l’aube et en soirée pour éviter les heures chaudes et l’affluence des baigneurs.

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