
Niché au cœur du Parc Naturel Régional de Lorraine, entre Meuse et Meurthe-et-Moselle, le lac de la madine est l’un des plus grands plans d’eau du Grand Est et une destination que nous affectionnons particulièrement pour la pêche aux leurres. Avec ses 1100 hectares d’eau, ses îles, ses herbiers et ses fonds variés, ce réservoir lorrain offre un terrain de jeu exceptionnel pour traquer le brochet, le sandre et la perche, que ce soit du bord, en barque ou en float tube.
Dans cet article, nous vous partageons tout ce que nous savons sur ce plan d’eau : son histoire, les espèces présentes et les techniques qui fonctionnent, les accès, la météo, les postes à repérer, mais aussi où dormir et où manger pour organiser un séjour pêche complet. Suivez le guide, leurres en poche !
Histoire et caractéristiques du lac de la madine
Contrairement à ce que sa physionomie naturelle pourrait laisser croire, le lac de madine est un lac artificiel. Sa création a débuté à la fin des années 1960, avec une mise en eau progressive achevée dans les années 1970. Sa vocation première est l’alimentation en eau potable de l’agglomération de Metz, mais il s’est rapidement imposé comme un haut lieu du tourisme et de la pêche en Lorraine. Côté chiffres, le plan d’eau s’étend sur environ 1100 hectares à une altitude d’environ 230 mètres, pour une profondeur moyenne de 5 à 6 mètres et des fosses atteignant 12 à 15 mètres par endroits, notamment près de la digue. Le volume stocké avoisine les 35 millions de mètres cubes. Pour nous pêcheurs aux leurres, cette configuration est idéale : de vastes plateaux peu profonds colonisés par les herbiers, des cassures nettes, des bois noyés et des îles (dont la fameuse île Verte) qui concentrent les carnassiers toute l’année. C’est ce profil varié qui fait du lac du madine, comme l’écrivent parfois les locaux, l’une des plus belles destinations brochet de l’Est de la France.

Quels poissons pêcher au lac de la madine ?
Le peuplement piscicole est riche et la densité de carnassiers remarquable. Le pike est la star incontestée des lieux : la moyenne est bonne et les poissons dépassant le mètre sont capturés chaque saison dans les herbiers et le long des cassures. Le pike perch est également très bien représenté, avec de belles populations sur les zones de fond dur et les plateaux entre 4 et 8 mètres. La pole abonde, souvent en chasse sur les bordures et autour des structures, avec de jolis spécimens dépassant les 40 cm. Le catfish est présent et progresse, offrant des combats musclés aux pêcheurs équipés. Côté poissons blancs et espèces de fond, on trouve gardons, brèmes, rotengles, tanches et carpes en quantité : un garde-manger qui explique la belle croissance des prédateurs sur place.
Pour le brochet, nous privilégions les gros soft lures de 15 à 25 cm montés en texan dans les herbiers au printemps et en été, les spinnerbaits pour peigner les zones encombrées, et les swimbaits comme le Megabass Vatalion 115F sur les bordures en automne, la meilleure saison ici. Attention à bien respecter les dates d’ouverture de la pêche aux carnassiers avant de planifier votre session. Pour le sandre, la pêche en verticale au shad de 10-12 cm sur les fosses et les cassures fait merveille dès que l’eau se refroidit, tandis que le linéaire gratté et le dropshot prennent le relais en période estivale, tôt le matin. Les perches répondent très bien aux petits crankbaits, aux dropshots finesse sur les bancs de fourrage et aux lames vibrantes en hiver. Pour le silure, un gros shad plombé travaillé près du fond, éventuellement boosté avec un attractant pour carnassiers, donne régulièrement des résultats.
Le lac est aussi une réserve ornithologique majeure : grèbes huppés, balbuzards pêcheurs et hérons fréquentent les berges. Observez-les ! Un balbuzard qui plonge ou des mouettes qui piquent en surface trahissent souvent un banc de fourrage, donc des carnassiers en activité. Côté végétation, les vastes herbiers de potamots et de myriophylles indiquent les zones oxygénées riches en alevins : ce sont des postes prioritaires pour le brochet, tandis que les roselières en bordure abritent les perches au printemps.

Comment accéder au lac
Le plan d’eau se situe à environ 35 minutes de Metz et 45 minutes de Nancy en voiture, via l’A4 (sortie Fresnes-en-Woëvre) ou la D904. Les deux principaux points d’entrée sont Heudicourt-sous-les-Côtes et Nonsard-Lamarche, qui disposent chacun de vastes parkings gratuits à proximité immédiate de l’eau, pratiques pour décharger le matériel. Des cales de mise à l’eau sont disponibles pour les barques (moteurs thermiques interdits, électriques autorisés : pensez à vérifier la réglementation en vigueur sur place). Le float tube est autorisé sur les zones ouvertes à la navigation, et c’est selon nous l’un des meilleurs moyens d’approcher discrètement les herbiers et les îles. En transports en commun, l’accès reste limité : la gare la plus proche est celle de Commercy, comptez ensuite un taxi ou un vélo pour rejoindre les berges.
Carte du lac
Météo et conditions de pêche
Le climat lorrain est de type semi-continental : hivers froids avec des eaux descendant sous les 5°C (et parfois une prise en glace partielle), printemps doux où l’eau remonte rapidement à 12-15°C sur les hauts-fonds, étés chauds avec des températures de surface dépassant 22°C, et automnes frais qui déclenchent les fameuses chasses d’arrière-saison. Avant chaque sortie, consultez la meteo lac de madine : sur ce grand plan d’eau ouvert, le vent peut lever un clapot sérieux et rendre la navigation délicate en float tube. Pour les leurres, nos conditions favorites sont un vent modéré qui ride la surface et oxygène les bordures exposées (les carnassiers s’y postent pour chasser), un ciel couvert et une pression atmosphérique stable ou en légère baisse. Évitez les lendemains de grosse dépression et les fortes chaleurs anticycloniques de juillet, où il faudra pêcher profond et tôt le matin.
Que faire au lac de la madine ?
La pêche aux leurres reste évidemment notre activité numéro un ici, et la diversité des approches possibles (bord, barque, float tube, verticale, power fishing dans les herbiers) permet d’y passer des semaines sans s’ennuyer. Mais le site est aussi une base de loisirs complète : baignade surveillée en été sur les plages aménagées de Nonsard et Heudicourt, location de paddles, kayaks, pédalos et voiliers, golf, accrobranche et un superbe réseau de pistes cyclables. C’est l’endroit parfait pour combiner sessions pêche et vacances en famille.
Côté postes, plusieurs zones méritent toute votre attention. Du bord, prospectez les pointes rocheuses et les bordures d’herbiers accessibles depuis le sentier qui ceinture le lac : un leurre souple en weightless ou un spinnerbait y déclenche régulièrement des attaques de brochet. En barque ou en float tube avec un leurre de surface bruiteur au petit matin, ciblez les abords des îles, les bois noyés et les cassures entre 3 et 7 mètres. La zone de la digue et ses fosses profondes sont les spots de prédilection pour le sandre en verticale dès l’automne.

Randonnée et repérage des postes autour du lac
Marcher autour du plan d’eau est le meilleur moyen de repérer les postes avant de mouiller un leurre. Le grand tour du lac, environ 24 km sur sentier balisé et piste cyclable, se boucle en 5 à 6 heures à pied (ou 2 heures en VTT, facile) : c’est l’itinéraire idéal pour cartographier mentalement les pointes, les baies abritées du vent et les zones d’herbiers visibles par eau claire. Pour une sortie plus courte, la boucle de Nonsard (environ 7 km, 1h45, très facile) longe des bordures peu profondes excellentes pour le brochet au printemps. Enfin, le sentier d’Heudicourt vers la presqu’île (environ 5 km aller-retour, 1h15, facile) offre de beaux points de vue sur les cassures et les arbres immergés, des postes en or pour le sandre. Notre conseil : faites ces repérages en hiver lorsque le niveau est bas, vous découvrirez les structures noyées qui tiendront le poisson toute l’année.
Où dormir et où manger ?
Pour un séjour pêche, le camping de Nonsard-Lamarche, en bordure directe du plan d’eau, est notre option préférée : emplacements proches des mises à l’eau, parfait pour enchaîner les sessions du matin et du soir (la pêche de nuit reste soumise à la réglementation locale, renseignez-vous auprès de l’AAPPMA). Si vous cherchez plus de confort, l’hotel du lac de madine à Heudicourt-sous-les-Côtes propose chambres, piscine et une bonne table, à deux pas des berges. Des gîtes ruraux sont également disponibles dans les villages alentour comme Montsec ou Buxières-sous-les-Côtes. Côté gastronomie, vous trouverez facilement un restaurant lac de madine sur les deux bases de loisirs en saison, et nous vous recommandons de faire un tour aux marchés locaux de Saint-Mihiel ou Vigneulles-lès-Hattonchâtel pour goûter la mirabelle de Lorraine, parfaite pour recharger les batteries entre deux combats avec un brochet.
FAQ – vos questions sur le lac de la madine
Y a-t-il des zones de pêche réglementées ?
Oui, le lac de la madine comporte une réserve ornithologique strictement interdite à la pêche et à la navigation, située dans la partie sud-est du plan d’eau. Les zones de baignade sont également interdites en saison estivale, et la pêche nécessite une carte de pêche valide avec le timbre adapté : renseignez-vous auprès de l’AAPPMA locale ou de la fédération de pêche de la Meuse avant votre venue.
Où trouver des poissons fourrage dans le lac ?
Les bancs de gardons et d’alevins se concentrent au printemps et en été dans les herbiers des baies peu profondes et le long des roselières, où les carnassiers viennent les chasser. En automne et en hiver, le fourrage migre vers les zones plus profondes près de la digue et des cassures : suivez-le à l’échosondeur ou observez les oiseaux piscivores, qui trahissent toujours sa position.
Comment accéder aux meilleurs postes de pêche ?
Les meilleurs postes du bord se trouvent le long du sentier qui ceinture le lac, notamment les pointes et les bordures d’herbiers entre Nonsard et Heudicourt, accessibles à pied ou en VTT. Pour les spots les plus productifs comme les abords des îles, les bois noyés et les fosses, une embarcation est indispensable : barque avec moteur électrique ou float tube, avec mise à l’eau depuis les cales de Nonsard ou d’Heudicourt.
Le lac convient-il à une sortie pêche en famille ?
Absolument, c’est même l’une des destinations les plus familiales que nous connaissons : pendant que vous traquez le brochet, le reste de la famille profite des plages surveillées, du paddle, des pistes cyclables ou de l’accrobranche. La forte densité de perches permet aussi d’initier facilement les enfants à la pêche aux leurres avec un petit dropshot ou une cuillère depuis les pontons.
Un échosondeur est-il utile sur ce plan d eau ?
Oui, c’est même un atout majeur sur un plan d’eau de 1100 hectares aux fonds variés : l’échosondeur permet de localiser les cassures, les bois noyés et surtout les bancs de fourrage qui concentrent sandres et perches. Sans sondeur, concentrez-vous sur les structures visibles (herbiers, pointes, îles) et les indices de surface comme les chasses ou l’activité des oiseaux.
Quelle technique privilégier pour le sandre en lac ?
La pêche en verticale au leurre souple de 10 à 12 cm est la technique reine pour le sandre dès que l’eau se refroidit, en insistant sur les fosses et les cassures entre 6 et 12 mètres. En été et au printemps, le linéaire gratté près du fond et le dropshot pratiqués tôt le matin ou en soirée donnent les meilleurs résultats, avec des coloris naturels par eau claire et des teintes plus flashy par eau teintée.




